‹ De l'Esprit des loisChapitre 259 sur 935 · LIVRE XIII, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE IV

le grand Etat dans lequel il est enclavé. Le grand Etat (|ui l’entoure à l’industrie, les manufactures et les arts; et il fait des règlements qui lui en procurent tous les avantages. Le ])etit Etat devient donc nécessairement pauvre, quelque peu d’inijx'its qu’on J lève.

On a pourtant conclu, de la pauvreté de ces petits Etats, que, pour que le peuple fût industrieux, il falloit des charges pesantes. Ou auroit mieux fait d’en conclure qu’il n’en faut pas. Ce sont tous les inisérahles des environs (pii se retirent dans ces lieux-là, pour ne rien faire; dtqà découragés par l'accahlenient du travail, ils font consister toute leur félicité dans leur paresse.

L’effet des richesses d’un pajs c’est de mettre de l’amhition dans tous les cœurs : rclÇet de la pauvreté est d’y faire naiti’e le désespoir. La première s’irrite par le travail; l’autre se con- •sole par la paresse.

La nature est juste envers les hommes : elle les récompense de leurs peines; elle les rend laborieux, parce qu’à de plus grands travaux elle attache de plus grandes récompenses. Âlais, si un pouvoir arbitraire (jte les récompenses de la nature, on reprend le dégoût iiour le travail, et l’inaction [niroitétre le seul bien.

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