‹ De l'Esprit des loisChapitre 288 sur 935 · L.IVRE XIV, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

L.IVRE XIV, CHAPITRE XI

Nous en avons nous-mêmes éprouvé les effets. Les croisades jious avoient apporté la tèpre : les règlements sages que l’on lit rcmpèchèrenl de gagner la masse du peuple.

On voit, par la loi des Lombards *, que cette maladie ctuit répandue en Italie avant les croisades, et mérita l’attention des légi.slateurs. Rotharis ordonna- qa’un lépreux, chassé de sa maison, et relégué dans un endroit particulier ne pourroit disposer de ses biens, parce que, dès le moment Iqo’il avoit été tiré de sa maison, il étoit censé mort. Pour empêcher toute communication avec les lépretix, on les rcndoit incapables des effets civils. * V . ’ ' ■

Je pense que cette maladie fubapportée en Italie par les conquêtes des empereurs grecs, dans les armées desquels il pouvoit y avoir des milices de la Palestine ou de l’Egypte. Quoi q l’il en soit, les progrès en furent arréités jusqu’au temps des croisades. 'Ç

On dit que les soldais de Pompée, revenant de Syrie, rapportèrent une maladie à peu prè» pareille à la lèpre. Aucun ^règlement fait pour lors n’est venu jusqu’à nous, mais ii y a apparence qu’il y en eut, puisque cè:mal fut suspendu jusqu’au temps des Lombards. , a

Il y a deux siècles qu’une maladie, inconnue à nos pères, passa du Nouveau-Monde dans celui-ci, et vint attaquer la na- • ture humaine jusque dans la source de la vie et des plaisirs. On vit la plupart des plus grandes familles du midi de l’Europe périr par un mal qui devint trop commun pour être honteux, et ne fut plus que funeste. Ce fut la soif do l’or 'qui perpétua cette maladie : on alla sans cesse en Amérique, et on en rapporta toujours de nouveaux levains.

Des raisons pieuses voulurent demander qu'on laissât cette punition sur le crime; mais cette calamité ctoit entrée dans le sein du mariage, et avoit déjà corrompu l’enfancc même.

Comme il est de la sagesse des législateurs de veiller à la santé des citoyens, il eût été très-sensé d’arrêter cette communication par des lois faites sur le plan des lois mosaïques.

La peste est un mal dont les ravages sont encore plus prompt» et plus rapides. Son siège principal est en Egypte, d’ou elle se répand par tout l’univers. On a fait, dans la plupart des Etats de l’Europe, de très-bons règlements pour l’empêcher d’y pénétrer, et on a imaginé de nos jours un moyen admirable de l’arrêter : on forme une ligue de troupes autour du pays infecté, qui empêche toute communication.

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