‹ De l'Esprit des loisChapitre 289 sur 935 · lâv. II, titre i, § 3 et titre ZVlli · texte numérisé non relu

lâv. II, titre i, § 3 et titre ZVlli

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216 DE l/ESPRIÏ 1>ES LOIS,

Les Turcs*, i|ui n’ont à cet cpard aucune police, voient les clin-tiens dans la même ville cdiapper au danger, et eux seuls |H-rir. Ils achètent les habits des pestiférés, s’en vêtissent, et vont leur train. La doctrine d’un destin rigide qui règle tout fait du magistrat un spectateur trampiille : il pense que Dieu a déjà tout fait, et que lui n’a rien à faire.

CIIAPITRK XII

Ues lois cuiilre ceux qui sc tuent * eux-m6mes.

Nous ne voyons point dans les histoires que les Romains se fissent mourir sans sujet; mais les Anglois se tuent sans qu'on jiuisse imaginer aucune raison qui les détermine; ils se tuent diins le sein inèine du honheur. Cette action, chez les Romains, étoit l’effet de l’éducation; elle tenoit à leur manière de penser et à leurs cmitttmes : chez les .\nglois, elle est l’effet d’une maladie’; elle tient à l’état physitpie de la machine, et est indé-pendante de toute aittre cause.

11 y a apparence que c’est un défaut de liltration du suc neiveux : la machine, dont les forces motrices sc trouvent à tout moment sans action, est lasse d’elle-mêine; l’àmene sent point de douleur, mais une/ certaine difficulté de l’existence. Ladou- ' leur est un mal local qui nous [lorte au désir de voir cesseicette douleur; le poids de la vie est un mal qui n’a point de lieu particulier, et qui nous porte au désir de voir finir cette vie.

11 est clair que les lois civiles de quelques pays ont en des raisons pour flétrir l’homicide de .soi-même; mais, en .\nglet'.rre, on ne peut pas plus le punir (lu’on ne punit les effets de la démence.

ch.xi’it.rl; xiii

F.ffetg qui rfisiiltont du climat d*Anglc!etre.

Dans une nation à cpii une maladie du climat affecte tellement l’ànie, qu’elle jiourroit |iorter le dégoût de toutes cho.ses jusqu’à celui de la vie, on voit Iden que le gouvernement qui convicndndt le mieux à des gens à qui tout seroit insupportable, scroit celui où ils ne pourroient pas se prendre à un seul de ce qui causcroit leurs chagrins, et où les lois gouvernant

1. Ricaul , de l'Eminre olloman, 3. Elle ponrroit bii'n flro, conipliqnéo png. Î81. avec le scorlint, qui, s-urtont d.ins quel-

S, 1,’aolion de ceux qui se tuent eux- quea pays, rend un lionime bizarre et mfures est contraire à la loi naturelle et insupportable à Ini-même. {Voyage de à la religion révélée. Françolt Pirard, part. II, eli.-vp. xxi.)

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