CHAPITRE XII
Abus de l’esclavage.
Dans les Etats m ah orné tans®, on est non-seulement maître de la vie et des biens des femmes esclaves, mais encore de ce qu’on appelle leur vertu ou leur honneur C’est un des malheurs de’ ces pays, que la plus grande partie de la nation n’y soit faite que pour servir à la volonté de l’autre. Cette' servitude est ré- •compensée par la paresse dont on fait jouir de pareils esclaves : ce qui est encore pour l’Etat un nouveau malheur.
C’est cette paresse qui rend les sérails d’Orient ^ des lieux de délices pour ceux mêmes contre qui ils sont faits. Des gens qui ne craignent que le travail peuvent trouver leur bonheur dans CCS li’eux tranquilles. Mais on voit que par là on choqut? même l’esprit de rétablissement de l’esclavage.
La raison veut que le pouvoir du maître ne s’étende point au delà des choses qui sont de son service : il faut que l’esclavage soit pour l’utilité, et non pas pour la volupté. Les lois de la' .pudicité sont du droit naturel, et doivent être senties par toutes les nations du monde.
Oue si la loi qui conserve la pudicité des esclaves est bonne dans lefe Etats où le pouvoir sans bornes se joue de touf, combien le sera-t-elle dans les monarchies? combien le sera-t-elle
dans les Etats républicains ?
1. C’c5l ce que Tacite dit des Ger- •rnains : Cœtera domus officia uxor ac libtri exequunlur. {Ibid., § Ssb. (P.)