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CHAPITRE XIV

Du gouveruement de U maison en Orient.

On change si souveut de femmes en Orient qu’elles ne peuvent avoir le gouvernement domestique. On en charge donc le.s eunuques, on leur remet toutes les clefs, et ils ont la disposition des affaires de la maison'.

« En Perse, dit M. Chardin, on donne aux femmes leurs ha- « bits, comme on feroit à des enfants *. » Ainsi ce soin qui semble leur couveuir si bien, ce soin, (jui partout ailleurs est le ^H’emier de leurs soins, ne les regarde [las.

(’HAPITRE XV.

Du divorce et de la répudiation.

H y a cette différence entre le divorce et la répudiation, que le divorce se fait par un consentement mutuel à l’occasion d’une incompatibilité mutuelle; au lieu que la répudiation se

1. Ceci n*est point rxacl. Les euonqooft ne sont que pour la garde de»

femmes, pour les servir, et pour toutes les affaires du dehors, auxquelles dos femmes presque toujours enfermées ne peuvent vaquer. Mais le gouvernement intérieur et doinesliquo leur appartient, et les eunuques lie s’en iiiéieiit pas. (Guys. Leffres sur ia Grèce, nu xxx.)

2. Le» Persans disent que les femmes oe servent qu'à la géneratioif*, et ils n’en font aucun cas pour leur adresse, pour leur esprit et nour leur application fl toutes sortes d^ouvrages : aussi ne se ruéleiil-ellca commonément de rien, pas même du ménage. Elles passent

leur vie dans la nonchalance, l'oisiveté et la molh'sse, étant tout lejouroccu* pê<*s, ou à se faire frotter par de petites esi'laves, ce qui e-»l nue. des plu.^ grandes voluptés des .VsiHtiqiies; ou à fumer le tabac du pays, qui est si doux que l’on en peut prendre du niatin nu soir sans en être incommodé; les moins vicieuses s’aiipliquent fi des ouvrages à l’aiguille, qu elles font très-bien : ou leur donne leur nourriture tout apjirétéc, et quelquefois leur» habits tout faits, comme on feroit à des enfants. (Chardin, Vouaoe en Pene* dcscript. du Guuv., chap. in.) (P.)

fait par lavolonti' et par l’avantage d'une des ‘deux pallies, in- (lépendaniiuent de la volonté et de l'avantage de l'autre.

Il est quelquefois si nécessaire aux femmes de répudier, et il leur est toujours si fâcheux de le faire que la loi est dure, qui donne ce droit aux hommes sans le donner aux femmes. Un mari est le maître de la maison : il a mille moyens de tenir ou remettre ses femmes dans le devoir; et il semble que, dans ses mains, la répudiation ne soit qu'un nouvel abus de sa puissance. Mais une femme (pii répudie n’exerce (lu’un triste remède. C’est toujours un grand malheur pour elle d’être contrainte d’aller chei cher un second mari, lorsqu’elle a perdu la plupart de ses agréments chez un autre. C’est un des avantages des charmes de la jeunesse dans les femmes que< dans un âge avancé, un mari se porte à la hienveillancc par le souvenir de ses plaisirs.

C’est donc une règle générale que, dans tous les pays ou la loi accorde aux hommes la faculté de répudier, elle doit aussi l’accorder aux femmes. 11 y a plus : dans les climats où les femmes vivent sous un esclavage domestique, il semble (pie la loi doive permettre aux femmes la ré])udiation , et aux maris seulement le divorce.

Lorsque les femmes sont dans un sérail, le mari ne peut répudier pour cause d’incompatibilité de mœurs : c’est la faute du mari, si les mœurs sont incompatibles.

La répudiation pour raison de la stérilité de la femme sauroit avoir lieu que dans le cas d’une femme unique* : lors- (pie l’on a plusieurs femmes, cette raison n’est, pour le mari, (l’aucune importance.

La loi des Maldives* permet de reprendre une femme qu’on a répudiée. La loi du Mexique • défendoit de se réunir, sous peine de la vie. La loi du Mexique étoit plus sensée que celle des Maldives : dans le temps même de la dissolution, elle songeoit à l’éternité du mariage; au lieu que la loi des Maldives semble se jouer également du mariage et de la répudiation.

La loi du Mexique n'accordoit que le divorce. C’étoit une nouvelle raison p(jur ne point permettre à des gens qui s’étoient volontairement séparés de se réunir. La répudiation semble plutôt tenir à la promptitude de l’esprit et à quelque passion de l’àme ; le divorce semble être une affaire de conseil.

1. Cda ne signifie pas que la répu- que, dans ce cas il faut moins de dédiation pour raison de stérilité soit per- penses.

mise dans le christianisme. 3. Histoire de sa confjuêt€y\^fiT \

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