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« qu’ils faisoiont avec leurs armes Sitôt qu'ils pouvoieiit les « porter, ils étoieiit présentés à rassemblée*; on leur inettoit « dans les mains un javelot * : dés ce moment ils sortoicnt de « l'enfance ils étoient une partie de la famille : ils en deve- « noient une de la république.
« Les aigles, disoit ’ le mi dos Ostrogoths, cessent de donner « la nourriture à leurs petits sitôt que leurs plumes et leui's on- « gles sont formés; ceux-ci n’ont plus besoin du secours d’au- « trui, quand ils vont eux-mèmes ebereber une proie. 11 seroit a indigne que nos jeunes gens qui sont dans nos armées fussent « censés être dans un âge trop foible pour régir leur bien, et « pour régler la conduite de leur vie. C’est la vertu qui fait la « majorité chez les Coths. »
Cbildebert 11 avoit quinze ans® lorsque Contran, son oncle, le déclara majeur, et capable de gouverner par lui même. On voit, dans la loi des Hipuaires, cet âge de quinze ans, la capacité de porter les armes, et la majorité, marcher ensemble. « Si un Ripuaire est mort, ou a été tué, y est-il dit’, et qu'il « ait laissé un fils, il ne pourra poursuivre, ni être poursuivi « en jugement, qu’il n’ait quinze ans complets; pour lors il ré- « pondra lui-même, ou choisira un champion. » Il falloit que l’esprit fût assez formé pour se défendre dans le jugement, et que le corps le fût assez pour se défendre dans le combat. Chez les Bourguignons *, qui avoient aussi l’usage du combat dans les actions judiciaires, la majorité étoit encore à quinze ans.
Agathias nous dit qiu' les armes des Francs étoient légères; ils pouvoient donc être majeurs à quinze ans. Dans la suite, les armes devinrent |)esantes : et elles l’étoient déjà beaucoup du temps de Charlemagne, comme il paroît par nos capitulaires et par nos romans. Ceux qui ® avoient des fiefs, et qui par cons<‘quont dévoient faire le service militaire, ne furent plus majeurs qu’à vingt-un ans
talrr rei, nisi armati agunl. (De Moribus Germ.)
1 . Si tlisiilicuit stnieniia, aspernanlur; xin placuil, frameus concuHunl.
i. Seil arma eumere non ante i;ui~ quam morts quam vivitas suffecturum probaverit. (Ibid.)
3. T’uni in ipso concUio, rel prinoipvm aliquis, rtl pater, rel propinquus, sculo frameaque jureuem ornant. (Ibid.)
4. Hase apuii illos toga, hic primus jurentæ honos : ante hoc domus pars videntnr, mox reiptshhcœ. (Ibid.)