CHAPITRE XXMI
ContiDuatioii du même sujet.
On a vu qmî c.licz les Germains on n’alloit point à l’assemblée avant la majorité ; on étoit partie de la famille, et non pas de la république. Cela fit que les enfants de Clodomir, roi d’Orb'-ans et conquérant de la Bourgogne, ne furent |)oint déclarés rois, parce que, dans l’age tendre où iis étoient, ils ne pouvoient pas être présentés à l’assemblée. Ils n’étoient pas rois encore, mais ils dévoient l’être lorsqu’ils seroient capables de porter les armes; et cependant Clotilde, leur aïeule, gouvernoit l’Etat'. Leurs oncles Clotaire et Cbildebcrt les égorgèrent, et partagèrent leur royaume. Cet exemple fut cause que, dans la suite, les princes pupilles furent déclart’S rois, d’abord après la mort de leurs pères. Ainsi le duc Gondovalde sauva Childebert II de la cruauté de Chilpéric, et le fit déclarer roi * à l’àge de cinq ans.
Mais, dans ce ebangement même, ou suivit le premier esprit de la nation, de sorte que les actes ne se passoient pas même au nom des rois pupilles. Aussi y eut-il chez les Francs une double administration, l’une qui regardoit la personne du roi pupille, et l’autre qui regardoit le royaume; et dans les fiefs, il y eut une ditlérence entre la tutelle et la baillie.