‹ De l'Esprit des loisChapitre 402 sur 935 · CHAPITRE XVH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVH

Propriété particulière au gouvcrucmcul de la Chine.

Les législateurs de la Chine firent plus* : ils confondirent la religion, les lois, les moeurs et les manières; tout cela fut la morale, tout cela fut la vertu. Les préceptes qui regardoient ces quatre points furent ce qu’on ajipela les rites. Ce fut dans l’observation exacte de ces rites que le gouvernement chinois triompha. On passa toute sa jeunesse à les apprendre, toute sa vie à les pratiquer. Les lettrés les enseignèrent, les magistrats les prêchèrent. Et, comme ils envcloppoient toutes les petites actions de la vie, lorsqu’on trouva moyen de les faire observer exactement, la Chine fut bien gouvernée.

Deux choses ont pu aisément graver les rites dans le cœur et l’esprit des Chinois : l’une, leur manière d’écrire extrêmement composée, qui a fait que, pendant une très-grande partie de la vie, l’esprit a été uniquement » occupé de ces rites, parce qu’il a fallu apprendre à lire dans les livres et pour les livres qui les contenoient; l’autre, que les préceptes des rites n’ayant rien de spirituel, mais simplement des règles d’une pratiijue commune, il est plus aisé d’en convaincre et d’en frapper les esprits que d’une chose intellectuelle.

1. Voyez le P. Duhalde. 3. O’eat ce qui a établi l’émulation, la

2. Voyez les livres classiques dont le fuite de l’oisiveté, et l’estime pourlesa- P. Duhalde nous a donné oc si beaui voir.

morceani.

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