‹ De l'Esprit des loisChapitre 423 sur 935 · La Hollande · texte numérisé non relu

La Hollande

3. Le commerce rend les hommes plus sociables, ou si l’on veut moins farouches, pins industrieux, plus actifs; mais il les rend en môme temps moins courageux, plus rigides sur le droit parfait, moins sensibles aux sentiments de générosité. Le système du commerçant se réduit souvent à ce principe : « Que chacun traveillle pour soi comme je tra-

L’esprit de commerce produit dans les hommes un certain sentiment de justice exacte, opposé d’un coté au brigandage, et de l’autre à oes vertus moi-ales qui font qu’on ne discute pas toujours ses intérêts avec rigidité, et qu’on peut les négliger pour ceux des autres.

* La privation totale du commerce produit au contraire le brigandage, qu’Aristote met au nombre des manières d'acquérir. L’esprit n’eh est point opposé à de certaines vertus morales : par exemple, riutspitalité, très-rare dans les pays de commerce, se trouve admirablement |>armi les peuples brigauds.

C’est un sacrilège chez les (iermaius, dit Tacite, de fermer sa maison à quelque homme que ce soit, connu ou inconnu. Celui qui a exercé ' l’hospitalité envers un étranger va lui montrer une autre maison où on l’exerce encore, et il y est reçu avec la même humanité. Mais, lorsque les Germains eurent fondé des royaiimes, l’hospitalité leur devint k charge. Cela par(jît par deux lois du code * des Bourguignons , dont l’une intlige une peine à tout barbare qui iroit montrer à un étranger la maison d’un Uoniain , et l’autre règle (pie celui ipii recevra un etranger sera dédommagt; par les habitants, chacun pour sa quot ; |)art.

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