CHAPITRE II
De l’esprit du commerce.
L’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si Tune a intérêt d'acheter, l’autre a intérêt de
vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels. *
Mais, SI l’esprit du commerce unit les nations, il n’unit pas de même les particuliers. Nous voyons que, dans les pays * où l’on n’est affecté que de l’esprit de commerce, on trafique de toutes les actions humaines et de toutes les vertus morales ; les plus petites choses, celles que l’hümanité demande, s’y font ou s’y donnent pour de l’argent 3.
succès; et il n’y a point d’ouvrage où il faille plus songer à délasser le lecteur que dans celui-ci, à cause de la longueur et de la pesanteur des matières. » Cependant Montesquieu changea de résolution, et quelques jours après il écrivit à son éditeur : « J’ai été incertain, au sujet de l’/nuocaO'on, entre hn de mes anus qui vouloit qu’on la laissdt, et vous qui vouliez qu’on l'ôlàt. Je me range à votre avis, et bien fermement, et vous prie de ne la pas mettre. »
Tous ces détails nous ont été conservés dans^lc Mémoire historique sur la vie et les ouvrages de Jacob Vernetj imprimé à Genève en 1790.
N, B. Dans les éditions originales, l'épigraphe Uocuit quœ maa>imus Al^
las est placée sur le titre général du tome second.
1. César dit des Gaulois que le voisinage et le commerce de .Marseille les avoient g;\tés de façon qu’eux, qui autrefois avoienl toujours vaincu les Germains, leur étoient devenus inferieurs.
{Guerre des Gaules, \iv. \l.)