‹ De l'Esprit des loisChapitre 427 sur 935 · LIVRE XX. CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE XX. CHAPITRE VII

cononiie, ayant besoin d'une inaichandise d'un pays qui lui serve de foinls pour se procurer les inarchandises d’un autre, se contente de {gagner très-peu, et quelciuefois rien, sur les unes, dans respérance ou la certitude de gagner lieaucoiq) sur les autres. .Ainsi, lorsque la Hollande l'aisoit |)resquc seule le coininercc du midi au noial de l’Europe, les vins de France, qu’elle portoit au nord, ne lui servoient, en quelque manière, (jue de l’onds pour l’aire son commerce dans le noid.

On sait (juc souvent, en Hollande, de certains genres de marchandise venue de loin ne se vendent pas plus cher (|u’iis n’ont coûté sur les lieux mêmes. Voici la raison (pi’on en donne : un capitaine (pii a hosoin de lester son vaisseau prendra du marlire ; il a besoin de bois jiour l’arrimage, il en achètera ; et |)ourvu qu’il n’y jierde rien, il croiilT^voir beaucoup fait. C’est ainsi que la Hollande a aussi ses carrières et ses forêts.

Non-seulement un commerce qui ne donne rien peut' être utile, un commerce même désavantageux peut l’être. J’ai oui dire en Hollande que la itêche de la baleine, en général, no rend jircsipie jamais ce (pi’elle coûte ; mais ceux qui ont éhi einpboés à la construction du vaisseau, ceux qui ont fourni les agrès, les apjiaraux, les vivres, .sont aussi ceux qui prennent le principal intérêt à cette pêche. Perdissent-ils sur la pêche, iis ont gagne sur les fournitures. Ce commerce est une espèce de loterie, et chacun est séduit par l’espérance d’un billet noir. Tout le monde aime à Jouer; et les gens les plus sages jouent volontiers, lorscpi’ils ne voient imint les ai)parences du jeu, ses égarements, ses violences, ses dissipations, la i)erte du temps, et même de toute la vie.

CH.APITRE VII

Ksprit do l’Angleterre sur le commerce.

L’Angleterre n’a guère de tarif réglé avec les autres nations: son tarif change, pour ainsi dire, à chaque parlement, par les droits particuliers qu’elle (“de ou qh’elle impose. Elle a voulu encore conserver sur cela son indépendance. Souverainement jalouse du commerce qu’on fait chez elle, elle se lie peu par des traités, et ne dépend que de ses lois.

D’autres nations ont fait céder des intérêts du commerce à des inh-rêts politiques ; celle-ci a toujours fait céder ses intérêts politiques aux intérêts de son commerce.

C’est le peuple du monde (lui a le mieux su se prévaloir à la fois de ces trois grandes choses : la religion , le commerce et la liberté.

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