‹ De l'Esprit des loisChapitre 428 sur 935 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Comment ou a gèué tiuelquefois le conuncrœ d'économie.

Oîi a fait, dans certaines monarchies, des lois très-propres à altaisser les Etats qui font le commerce d’économie. On leur a défendu d’apporter d’autres marchandises que celles du crû de leur pays; on ne leur a permis de venir trafiquer qu’avec des navires de la fabrique du pays où ils viennent.

Il faut que l’Etat qui im[)ose ces lois puisse aisément faire lui-même le commerce : sans cela, il se fera pour le moins un tort égal. 11 vaut mieux avoir affaire à une nation- qui exige peu, et que les besoins du commerce rendent en quelque façon dépendante; à une nation qui, par l’etendue de ses vues ou de ses affaires, sait où placer toutes les marchandises superflues ; qui est riche, et peut se charger de beaucoup de denrées; qui les payera promptement; qui a, pour ainsi dire, des nécessités d’être fidèle; qui est pacillque par principe; qui cherche à gagner et non pas à conquérir: il vaut mieux, dis-je, avoir affaire à cette nation qu’à d’autres toujours rivales, et qui ne donneroient pas tous ces avantages.

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