‹ De l'Esprit des loisChapitre 44 sur 935 · Hial., lib. IV, cap. ix et xxi · texte numérisé non relu

Hial., lib. IV, cap. ix et xxi

3. L'anteiir se fonde sur un passage de Pülybe, mais sans le citer. Il semble assez prouvé que les Grecs entendirent d'abord par ce mot musiV/ud tous les beaux-arts. La preuve en est que plus d’une musc présidait à un art qui ii’a aucun rapport avec la musique proprement dite : comme Clio à rhisloire, Uranie à la connaissance dn ciel, Polymnie iila gesticulation. Elles étaient filles de Mémoire, pour marquer qu'en effet le don de la mémoire est le principe de tout, et que sans elle l'homme serait audessous des bêtes. Ces notions paraissent avoir été transmises anx Grecs par les Egyptiens. On le voit par le Mercure Trismégiste , traduit de l’égyptien en grec, seul livre qui nous reste de tes immenses bibliothèques de l’Egynlc. Il y est parlé é tout moment de rbamooie

de la musique avec laquelle Dieu arrangea les sphères de l'univers. Tonte espèce d’arrangement et d’nrdrc fut donc réputée musique en Grèce; et il la lin ce mot ne fut pins con.sacré qu’i'i la théorie et à la pratique des sons de la voix et des instruments. Les lois, les aeles publics, étaient annoncés au peuple en musique. On sait que la déclaralion de guerre contre Philippe, père d'.VIexani re, fut chantée dons la grande place d Athènes. On sait que Philippe, après sa victoire de Chéronée , insulta aux vainens en chantant le décret d’Athènes fait contre lui, et en ballant la mc.«nre. O’était donc d'abord celle musique, prisé dans le sens le pins étendu, celle musique qui signifie la culture des beaniarls, laquelle polit les mœurs des Grec* et surtout celles des Arcades. Soit canlare ptrtli Arcades. (Volt.)

DE 1,’KSl'KIT DES LOIS.

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{rlif;cn;iit la iimsii|iio, siii|iassi*rfnt en cruauté tous les Grecs, et (|u’il u’v a pitiiit de ville lai l’oii ait vu tant de crimes. Platon ' ne craint |ioint di- dire (lud'uii ne p«nit faire de eliangcnient dans la innsii|ne, (|iii n'en soit un dans la constitution de l’Ktat. Ari'tote, qui senilde n'avoir fait sa PoUtù/w que pour opposer ses senliments à ceuv de Platon, est pourtant d’accord avec lui touchant la puissance de la musique sur les nKcursJf. I héophi-aste, Plutarque", Slrahon‘, Unis h*s anciens ont pensé de même. Ce n'est point une opinion jetée sans n>ttexion; c’est un des principes de leur piditique*. C’est ainsi qu'ils doniiuient des lois, c’est ainsi ipi'ils voiiloient qu’on gouveniàt les cités.

Je crois que je pourrois expliquer ceci. Il faut se mettre dans l’esprit ipie, dans les villes e'recqnes, surtout celles qui avoient pour principal idijet la guerre, tous les travaux et toutes les professions qui pouvoient conduire à gagner «le l’argent «'toien^ regardés comme indignes d’un homme libre. « La plupart des « arts, dit Xenophon*, corrompent le corps de ceux qui les « exercent; ils ohligent de s’asseoir tà l’ivmhre, <»u près du fen : M on n’a de tenqis ni pour ses amis ni |K>ur la rcpnhli«itie. » Ce ne fut «pie dans la con uption de «pielques démocraties que les artisans parvinrent à être citoyens. C’est ce qu’Aristote ’ nous apprend ; et il soutient qu’une bonne république ne leur donnera janiais le droit de cite*.

I.’agricnliiire étoit eiicort; nue profession servile, et ordinaire, ment c’étoit «pielque peuple vaincu qui l’exercjoit : les Ilotes, chez h^s Lacédémoniens; les l’ériéciens *, chez les Crébiis; les P«;~ nesbîs '®, chez les Thessaliens; d’autres" peuples esclaves, dans d’autres répnhlii(ues.

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