‹ De l'Esprit des loisChapitre 453 sur 935 · LIVRE XXI, CHAPITRE VI. 31o · texte numérisé non relu

LIVRE XXI, CHAPITRE VI. 31o

mort*. ’On ne sait s’il aui’oit pu l’exécuter dans l'isthme qui sé^kare les deux .mors. Ce pajs est aujourd’hui très-peu eunuu; il est dépeuplé et plein de fui’èts. Les eaux n’y manquent pas, car une infinité de rivières y desc(iiident du mont Caucase; mais ce Caucase, qui furine le nord de risthine, et qui étend des espèces de bras* au midi, auroit été un grand obstacle, ■surtout dans ces tcmps-là, où l’un u’avoit point l’ai't de faire des écluses.

On pourrait croire que Séleucus vuuloit faire la jonction des deux mers dans le lieu même où le czar Pierre P’’ l’a faite depuis, c’est-à-dire dans cette langue de terre ou le Taiiaïs s’approche du Volga : mais luu d do la mer Caspienne u’étuit pas encore découvcil.

Pendant que dans les empires d’Asie il y avoit un commerce de luxe, les ’J’yriens fàisoieut par toute la terre un coiiimei'ce d’économie. Bodiard a employé le premier livre de son Clianuan à faire rénumération des colonies qu’ils envoyèrent dans tous les pays qui sont près de la mer; ils passèrent les colonnes d’Hercule, et firent des établissements® sur les côtes de l’Océan.

Dans ces tcmps-là, les navigateurs étoient obligés de suivre les cùte.s, qui étoient pour ainsi dire leur boussole. Les voyages étoient longs et pénibles. Les travaux de la navigation d’Ciyssc ont été un sujet fertile pour le plus beau pociue du moude, après celui qui est le premier de tous.

Le peu de coimoissance que la plupart des peuples avoieut de ceux qui étoient éloignés d’eux favorisoit les nations qui •fàisoieut le commeree d’économie. Elles mettoient dans leur négoce les obscui’ités qu’elles vouloiciit : elles avoieut tous les avantages que les nations intelligentes prennent sur les }>caj)lcs ignorants.

L’Egypte, éloignée par la religion et par les mœurs de toute communication avec les etrangers, no faisoit guère de commerce au dehors : elle jouissuit d’uii tiu'rain fertile ci d'une extrême abondance. C’étoit le Japon de ces temp.s-là : elle se suffisoit à ello-mème.

liCS Egyptiens furent si peu jakmx du comimerce du deluws qu’ils laissèrent celui de la mer Houge à toutes les petites nations c}ui y eurent quelque port. Ils souffrirent que les Jduméciis, les Juifs et les Syriens y eussent des Hottes. Salomon* enqdoya à cette navigation des ïyrieiis qui coiinoissoient ces mers.

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