‹ De l'Esprit des loisChapitre 46 sur 935 · PolUio., liv. III, cb. IV · texte numérisé non relu

PolUio., liv. III, cb. IV

8. • Diophante, dit Àriatele, Poiitiq,, I cb. VU, établit autrefois à Athènes que

• les artisans scroient esclaves du pu-

• blic. »

9. llipioKoi, c’est-à-dire hommes affectés à la maison. C’éloienI nos gens de inainmorlc ; altucbés à la gtèbo , eiclus de la milice et des assemblées, et da reste jouissant de tons leurs autres droite civils.

10. Ce mot vient de «vopai, Mre dans l'indigence, dans la peine. Leur condition etoit la même que cette des Periôciens.

11. Aussi Platon el'.Vristolevenlent-ila que les esclaves cultivent les terres.

Lois, liv. VII; Politiq., liv. VII, cbnp. X. Il est vrai que l'agriculture n'éloit pas partout exercée par des esclaves : au contraire, comme dit Aristote, les meiUfures républiques étoinnt celles où les oitoyens s'y altachoient.

lyUia cela s'arriva qoe par la corruplioa

LIVllE'IV, CHAPITRE VIII.

Enfin t(Out bas commerce * étoit infâme chez les Grecs» H auroit fallu qu'un citoyen eût rendu des services à un esclave, à un locataire, à un étranger ; cette idée choquoit l’esprit de la liberté grecque ; aussi Platon * veut-il, dans ses Lois, qu’on punisse un citoyen qui feroit le commercç.

On étoit donc fort embarrassé dans les républiques grecques/ On ne vouloit pas que les citoyens travaillassent au commerce, à l’agriculture ni aux arts; on ne vouloit pas non plus qu’ils fussent oisifs Ils trouvoient une occupation dans les exercices qui dépendoient de la gymnastique, et dans ceux qui avoient du rapport à la guerre*. L’institution ne leur en donnoit point d’autres. Il faut donc regarder les Grecs comme une société d’athlètes et de combattants. Or, ces exercices, si propres. à faire des gens durs et sauy^ges®, avoient besoin d’kre tempérés par d’autres qui pussent adoucir les mœurs. La musique, qui tient à l’esprit par les organes du corps, étoit très-propre à cela. C’est un milieu entre les exercices du corps qui rendent les hommes durs, et Igs sciences de spéculation qui les rendent sauvages. OiiHfiT peut pas dîrè“ que la musique inspirât la vertu; cela seroit inconcevable ; mais elle erapèchoit l’effet de la férocité de l’institution, etfaisoit que l’âme avoit dans l’éducation une part qu’elle n’y auroit point eue.

Je suppose qu’il y ait parmi nous une société de gens si passionnés pour la chasse qu'ils s’en occupassent uniquement; il est sûr qu’ils en contoacteroient une certaine rudesse. Si ces mêmes gens venoient à prendre encore du goût pour la musicpie, on trouveroit bientôt de la différence dans leurs manières et dans leurs mœurs. Enün les exercices des Grecs' n'excitoient en eux qu’un genre de passions, la rudesse, la colère, la cruauté. La musique les excite toutes, et peut faire sentir à fàmc la douceur, la pitié, la tendresse, le doux plaisir. Nos\ auteurs de morale, qui, parmi nous, proscrivent si fort les ‘ théâtres, nous font assez sentir le pouvoir que la niusique a sur .. nos âmes.

Si à la société dont j’ai parlé on ne donnoit que des tambours

des anciens gouvernements, devenus démocratiques ; car , dan» les premiers temps, les villes de Grèce vivoient dans ranstocralic.

1. Caupnnatio. — Le droit romain sanctionnoit cet avilissement du commerce. La loi de Constantin conTond les femmes qui ont tenu boutique de marchandises, avec les esclaves, les caburetiers, les femmes de thédlrc et les filles de mauvais lieu. (P.)

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