‹ De l'Esprit des loisChapitre 466 sur 935 · LIVRE XXI, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE XXI, CHAPITRE X

des Indes. Dans la suite, le trajet de la côte de Malabar à la mer Hougc se lit en quarante Joius.

Strabun, qui rend raison de l’ignorance où l’on étoitdcs jtays qui sont entre l'ilviianis et le Gange, dit que, parmi les navigateurs qui vont de l’Egypte aux Indes, il \ en a peu qui aillent Jusqu’au Gange. Eirectivciuent, on voit (lue les (lottes n’y ailoient pa.s; elles alloient, par les moussons de l’ouest à l’est, de rembouclmre de la mer Rouge à bi côte de Malabar. Elles s’arrCtoient dans les étapes qui y étoient, et n’alloient poiut faire le tour de la presqu’île deçà le Gange par ie cap de Conioriii et la côte de Coromandel. Le plan de la navigation des rois d’Egypte et des Romains étuit de revenir la même année'.

Ainsi il s’eu faut bien que le commerce des Grecs et des Romains aux Indes ait été aussi étendu que le nôtre, nous qui connoissons des pays immenses qu’ils ne connoissoient pas; nous qui faisons indre commerce avec toutes les nations indiennes, et qui commerçons même pour elles et uaviguons pour elles.

Mais ils faisoieut ce commerce avec plus de facilité que nous, et, si l’on ne négocioil ÿuijüurd’bui que sur la côte du Guzarat et du Malabar, et que, sans aller cherclier les îles du Midi, on se contentât dus niarcbandiscs que le>s insulaires viendroient apporter, il faudroit préféu’cr la route »le l’Egypte à celle du cap de Bonne-Espérance. Strabon dit* que l’on négocioit ainsi avec les peuples delà Taprobaue.

On trouve dans l’bistoire qu’avant la découverte de la boussole on tenta (pialre fois de faire le tour de l’Afrique. Des Phéniciens envoyés par Nécho* et Eudoxe*, fuyant la colère de Ptolomée-Lature, partirent de la nier Rouge, et réussirent. Satas|>e * sous Xerxès, et Hannon qui fut envoyé par les Carthaginois, so'rtiront des colonnes d’Hercule, et ne réussirent pas.

Le point capital pour faire ie tour de l’Afriiiue étoit de découvrir et de doubler le cap de Bonne-Espérance. Mais, si l’on partoit de la mer Rouge, on trouvoit ce cap de la moitié du chemin plus près qu’en partant de la Méditerranée. La côte qui va de la mer Rouge au Cap est plus^ saine que* celle qui va du Cap

1. Pline, liv. VI, cliap. xïin. ppniu» Mêla, liv. III, chap. ix.

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