‹ De l'Esprit des loisChapitre 473 sur 935 · LIVRE XXI, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI, CHAPITRE XI

Les anciens pourroient avoir fait tics vova^îes de mer (pii feroient iiensenpi’ils avoient la IkiussoIc, (pioi(|u’ils ne l'eussent pas. Si un pilote s’titoit éloijfné des cijtes, et (pie pendant son voyage il eut eu un temps serein , (jue la nuit il eût toujours vu une étoile polaire *, et le Jour le lever et le couclier du soleil, il est clair (pi’il auroit pu se conduire coinnie ou fait «injonrd’hui par la boussole ; niais ce seroit un cas fortuit, et non pas une navigation réglée.

On voit, dans le traité ([ui finit la preiniére guerre pnniipie, (pie Carthage fut principalement attentive à se conserver l’empire de la mer, et Home à ga^’der celui de la terre *. llannoii dans la négociation avec les Homains, déclara (pi’il ne soiiffriroit pas seulement ipi’iis se lavassent les mains dans les mers de Sicile; il ne leur fut pas permis de naviguer an delà du beau promontoire; il leur fut défendu ‘ de tratupicr en Sicile *, en Sardaigne, en Afrique, exceidé à Carthage : exception (pii fait voir qu'on ne leur y préparoit pas un commerce avantageux.

11 y eut, dans les premiers temps, de grandes guerres entre Carthage et Marseille « au sujet de la pèche. Apres la paix, elles firent concurremment le commerce dV>conomie. Marseille fut d’autant plus jalouse (pie, (‘galant sa rivale en industrie, elle lui étoit devenue inférieure en puissance : voilà la raison de cette gi’ande fidélité pour les Romains. La guerre que ceuxci firent contre les Carthaginois en Es|)agno fut une source de richesses pour Marseille, qui servoit d’enlrep('(t. La ruine de Carthage et de Corinthe augmenta encore la gloire de Marseille; et, sans les guerres civiles, où il falloit fermer les yeux et prendre un parti, elle auroit été heureuse sous la protection des Romains, (pii n’avoient aucune jalousie de son commerci'.

1 . On a reproché h Monlesquiou 8 i*trc exprimé ici comme s’il y avoil plusieurs étoiles pnlairus. (P.)

i. Les Carthaginois, qui siibissoieiit alors la loi de leurs vainqueurs, abandonuoienl par ce traité la Sicile, ainsi que les îles qui sont entre la Sieile et 1 Italie. (Crév.)

3. Tite-Live, Supplément de FreirifherniuSf î»econile décniie , Uv. Yl. — Cette protestation fut faite vingt-trois ans auparavant, lorsqu'on se préparoit des deux parts ît la guerre, et non lorsqu'il fut question de la finir. (Crév.)

•t Pülybe, liv. ill. — Cette naviga-

tion leur étoit interdite par les traités qui avoient précédé la guerre; mais la ilétcnsc ne se trouve plus dans celui qui la finit. (Crév.)

5. Dans la partie sujette aux Carthaginois. — Dans le second des traités rapportés par Polybc, traité antérieur la guerre de Pyrrims, il est stipulé expressément qu’il sera permis à tout Romain de faire et de vendre dans la partie de la Sicile qui obéit aux Carthaginois, ce qu'un Carthaginois y l'eroit et y vendroit. (Crév.)

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