‹ De l'Esprit des loisChapitre 479 sur 935 · Polybe, liv. V · texte numérisé non relu

Polybe, liv. V

pays, la puissance de Marseille. Ils craignoient tout des barbares, et rien d’un peuple négociant. D’ailleurs, leur génie, leur gloire, leur éducation militaire, la forme de leur gouvernement, les éloignoient du commerce.

Dans la ville, on n’étoit occupé (jue de guerres, d’élections, de bi'igues, et de procès; à la campagne, que d’agriculture; et, dans les provinces, un gouvernement dur et tyrannique <;toit incompatible avec le commerce.

Que si leur constitution politique y étoit opposée, leur droit des gens n’y répugnoit pas moins. « Les peu|)les, dit le juris- (I consulte l*oni|)onius avec lesquels nous n’avons ni amitié, « ni hospitalité, ni alliance, ne sont ])oint nos ennemis: cepen- « dant, si une chose qui nous ai)partieiit tombe entre leurs « mains, ils on sont propriétaires, les hommes libres deviennent 0 leurs esclaves ; et ils .sont dans les mêmes termes à notre « égard. »

Leur droit civil n’étoit pas moins accablant. La loi de tionstantin, après avoir déclaré' bâtards les enfants des i)ersonnes viles (pii se sont mariées avec celles d’une condition relevée, confond les femmes qui ont une boutique “ de marchandises avec les esclaves, les cabaretières, les femmes de théâtre, les filles d’un homme qui tient un lieu de prostitution, ou qui a été condamné à combattre sur l’arène : ceci descendoit des anciennes institutions desKomains.

Je sais bien que des gens pleins de ces deux idées, l’une, (pie le commerce est la chose du monde la plus utile à un Ltat, et l'autre, que h's Romains avoient la meilleure police du monde, ont cru qu’ils avoient beaucoup encouragé et honoré le commerce; mais la vérité estipi’ils y ont rarement pensé.

CllADlfKL XV

Commerce des Romains avec les barbares.

Les Romains avoient fait de l’Europe, de l'Asie et de l’.\frique un vaste empire : la foiblesse des peuples et la tyrannie (lu commandement unirent toutes les parties de ce corps immense. Pour lors, la politique romaine fut de se séparer de toutes les nations qui n’avoient pas été assujetties ; la crainte de leur porter l’art de vaincre fit m-gliger l’art de s’enrichir. Ils firent des lois pour empêcher tout commerce avec les barbares. ((Que personne, disent Valenset Gratien n’envoie du

). Log. 5, g ï, ff. (te caplivis. 3. Lcg. a<) Barbariciim , cod. (/uw

2. .Quœ mercimoniit publiée prœ- res exporlari non debeant. fu(7. Leg. I, cod. de natural. liberté.

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