‹ De l'Esprit des loisChapitre 489 sur 935 · Leg. 1, cod. (le naufragiis. chap. ix et x · texte numérisé non relu

Leg. 1, cod. (le naufragiis. chap. ix et x

2. Liv. XI, tit. III, § 2. i. Voyez, dans Marca Hispanica, les

3. Voyez Aristote, Polilùjue, liv. I, constitutions d'Aragon, des années i 228

prmces avec la même tyrannie : ch<jseqiii consoloit les peuples etne les soiila-eoitpas.

Ce qui se passa en An"l(?terre donnera une idée de ce qii’on it dans les autres pays. Le roi Jean i ayant fait emprisonner les Juifs pour avoir leur bien, il y en eut peu qui n’eussent au moins quelque œil crevé : ce roi faisoit ainsi sa chambre de JHstice. Un d’eux, à qui on arracha sept dents, une chsipiejour, donna dix mille marcs d’arfrent à la huitième. Henri 111 tira d Aaron, Juif d’Yorck, quatorze mille mares d’argent, et dix diillc pour la reine. Dans ces temps-là, on faisoit violemment ce qu’on fait aujourd’hui eu Pologne avec quelque mesure. Les rois, ne pouvant fouiller dans la bourse de leurs sujets, à cause de leurs privilèges, inettoient à la torture les Juifs, qu’on nercgardoit pas comme citoyens.

Enfin, il s’introduisit une coutume qui confisqua tous les biens des Juifs qui embrassoient le chiistianisme. Celte coutume si bizarre, nous la savons par la loi * qui l’abroge. On en a donné des raisons bien vaines; on a dit qu’on vouloit les éprouver, et faire en sorte qu’il ne restât rien de l’esclavage du démon. Mais il est visible que ciRte confiscation étoit une espèce de droit* d amortissement, pour le prince ou pour les seigneurs, des taxes qu’ils levoient sur les Juifs, et dont ils étoient frustrés loi-squc ceux-ci embrassoient le christianisme. Dans ces temps-là, on regardoit les hommes comme des terres. Et je remanpierai, en passant, combien on s’est joué' de cette nation d’un siècle à I autre. Ou conlisquoit leurs biens lorsqu’ils vouloient être chrétiens; et, bientôt après, on les fit brûler lorsciu’ils ne voulurent pas l’être.

Cependant on vit le commerce .sortir du sein de la vexation et du désespoir. Les Juils, proscrits tour à tour de chaque pays, trouvèrent le moyen de sauver leurs effets. Par là ils rendirent pour jamais leurs retraites fixes; car tel prince qui voudroitbien se défaire d eux ne seroit pas pour cela d’humeur à se dé'fairc de leur argent.

Ils* invenUèrent les lettres de change : et, par ce moyen, le

comte de Champagne, par lequel U étoit convenu que les Juif» de Tnti ne prêteroient point dans ks terres de l’autre.

é. On sait que sous l’hilippe-Au^sle et .sous Philippe le I^ong, le» Juif', éfaassés de France, se refugièrent^ten Lombardie, et que là ils donnèrent ans négociauts étrangers et aux voyageurs des lettres secrètes sur ceux h qui ils avoient confié leurs effets en France, qui furent acquittées.

i dtins Ilrussel, raccord de 1 année 1200, passé entre le roi, la comtesse de Champagne , et Gui de Dampierre.

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