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Livui; xxir. cuaimtre x. 301
imiiilirf (II- jjnis. nmins chaiiiio ctii xaudra de ^rnv;, plus élitrct'fvra dViiis. L’Ktal pord encore comme aelicteur; car il faut toujours 1(! mùme nombre de gros pour acheter la même (piantité de mareliandises; et, lorstjnc le change baisse, clia(|ue ( cii de l'rance donne moins de gros. Par la même raison, riilal gagne comme vendeur; Je vends ma marrhandi.se en Hollande le même nombre de gros (|ue Je la vendois : J’anrai <lonc. plus d eciisen France, lorsejue avec cinquante gros Je me procurerai un écn, (|ue lorsqu’il m’en faudra cinquante-quatre pour avoir c(! même écu; le contraire de tout ceci arrivera à l’autre Etat. Si la Hollande doit un certain nombre d’écus, elle gagnera; et, si on lui doit, elle perdra ; si elle vend, elle perdra; si elle achète, elli‘ gagnera.
Il faut imurtant suivre ceci : lorsque le change est au-dessous du pair, par exemple, s’il est à cimpiantc au lieu d’être à cin- (luante-quatre, il devroit arriver que la France, envovant par le change cin([uante-quatrc mille écus en Hollande, n’achèteroit de marchandises ipie pour cim|uante mille; et que, d’un autre coté, la Hidlande envoyant la valeur de cim|uante mille écus en France, en àchèteroit pmir cinquante-(iuatre mille : ce ((ui feroit une ditFcreiice de huit cinquante-(|uatrièmes, c’est-àdire de plus d'un septième de iierte pour la France; di- sorte qu’il faudroit envoyer (>n Hollande un septième de plus en argent ou en marchandises qu’on ne faisoit lorsque le change étoit au pair; et le mal augmentant toujours, parc(! qu’une pareille dette feroit encore diminuer le change, la France seroit à la lin ruinée. 11 semble, dis- Je, que cela devroit être; et cela n’est pas, à cause du principe que J’ai déjà établi ailleurs ', (pii est i|ue les Etats tendent toujours à se mettre dans la balance, et à se procurer leur libération : ainsi ils n’empruntent qu’à proportion de ce (pi’ils peuvent payer, et n’achetent tpi’à mesure (pi’ils vendent. Et, en prenant l’exemple ci-dessus, si le change tombe en France de cimpiante-ipiatre à cimjuante, le Hollandois, (pii achetoit des marchandises de France pour mille écus, et qui les payoit cinquante-(piatre mille gnjs, ne les payeroit plus que cinquante mille, si le Fram;ois y vouloit consentir; mais la marchandise de France haussera insensiblement, le profit se partagera entre le François et le Hollandois : car, lorsqu’un négociant peut gagner, il jiartage aisément sou profit ; il se fera donc une communication de profit entn' le Framrois et le Hollandois. De la même manière, le Fram;ois qui achetoit des marchandises de Hollande pour cinquante-
l. Voyei lo liv. X.X, rhnp. xxi.
362 bE L’ESPK-IT DES LOIS.
»iuatre mille j^ros, et qui les payait avec mille écus, lorsque le change étoit à cinquante-quatre, seroit obligé d’ajouter quatre cinquante-quatrièmes de plus en écus de France, pour acheter les mêmes marchandises; mais le marchand françois, qui sentira la perte (pi’il feroit, voudra donner moins de la marchandise de Hollande : il se fera donc une communication de perte entre le marchand françois et le marchand hollandois; l’Etat se mettra insensiblement dans la balance, et l’abaissement du change n’aura pas tous les inconvénients qu’on devoit craindre.
Lorsque le change est plus bas que le pair, un négociant peut, sans diminuer sa fortune, remettre ses fonds dans les pays étrangers, parce qu’en les faisant revenir il regagne ce (ju’il a IK'rdu; mais un prince qui n’envoie dans les pays étrangers qu’un argent qui ne doit jamais revenir perd toujours.
Lorsque les négociants font beaucoup d’affaires dans un pays, le change y hausse infailliblement. Cela vient de ce qu’on y prend beaucoup d’engagements, et qu’on y achète beaucoup de marchandises; et l’on tire sur le pays étranger pour les payer.
Si un prince fait de grands amas d’argent dans son Etat, l’argent y pourra être rare réellement, et commun relativement; par exemple, si, dans le même temps, cet Etat avoit à l)ayer beaucoup de marchandises dajis le pays étranger, le change baisseroit, quoique l’argent fût rare.
Le change de toutes les places tend toujours à se mettre â une certaine proportion; et cela est dans la nature de la chose • même. Si le change de l’Irlande à l'Angleterre est plus bas que le pair, et que celui de l’Angleterre i\ la Hollande soit aussi plus bas que le pair, celui de l’Irlande à la Hollande sera encore plus bas : c\st-à-dire en raison composée de celui d’Irlande à l’Angleterre, et de celui de l’Angleterre à la Hollande ; car un Hollandois qui peut faire venir ses fonds indirectement d’Irlande par l’Angleterre ne voudra pas payer plus cher pour les faire venir directement. Je dis que cela devroit être ainsi; mais cela n’est pourtant pas exactement ainsi : il y a toujours des circonstances qui font varier ces choses; et la différence du profit qu’il y a à tirer par une place, ou à tirer par une autre, fait l’art ou l’habileté particulière des banquiers, dont il n’est point question ici.
Lorsqu’un Etat hausse sa monnoie, par exemple, lorsqu’il appelle six livres ou deux écus ce qu’il n’appcloit que trois livres ou un écu, cette dénomination nouvelle, qui n’ajoute rien de réel à l’écu, ne doit pas procurer un seul gros de plus par lè change. On ne devroit avoir, pour les deux écus nouveaux, que la même quantité de gros que l’on recevoit pour l’ancien; et,
LIVRK XXll, CHAPITRK X. :}G:»
si ct'la n’cst pas, ce n’est point l'efret de la fixation en ellenièine, niais de celui qu’elle produit comme nouvelle et de celui qu’elle a comme subite. Le cliang:e tient à des alVaires commencées, et ne se met en règle qu’après un certain temps.
Lorsqu’un Etat, au lieu de hausser simplement sa inoiinoie par une loi, fait une nouvelle refonte, afin de faire d’une monnoie forte une monnoie plus foildc, il arrive que, pendant le tem])S de l’opération, il y a deux sortes de momioies : la forte, qui est la vieille, et la foiblc, qui est la nouvelle; et comme la forte est décriée et ne se reçoit qu’à la Monnoie, et que par coiiséciucnt les lettres de change doivent se j)ayer en espèces nouvelles, il semble que le change devroit se régler sur l’espèce nouvelle. Si, par exemple, l’affoildissemeut en France étoit de moitié, et que rancien écu de trois livres donnât soixante gros en Hollande, le nouvel écu ne devioit donner que trente gros. D’un autre côté, il semble (pie le change devroit se régler sur la valeur de l’espi'ce vieille, parce ipie le banquier qui a de l’argent, et rpii prend des lettres, est obligé d’aller jiorter à la Monnoie des (‘spèces vieilles pour en avoir de nouvelles, sur les- ([ucllcs il perd. Le change se mettra donc entre la valeur de l’espèce nouvelle et celle de l’es|)èce vieille. La valeur de l’espi'.ce vieille tombe pour ainsi dire, et parce qu’il y a déjà dans le commerce de l’espèce nouvelle, et parce que le bampiier ne peut pas tenir rigueur, ayant intérêt de faire sortir promptement l’argent vieux de sa caisse pour le faire travailler, et y étant m(>me forcé pour faire scs payements. D’un autre C(jté, la valeur de l’espèce nouvelle s'élève pour ainsi dire, parce (pie le baiKtuicr, avec de l’espèce nouvelle, se trouve dans une circonstance où nous allons faire voir qu’il peut, arec un grand avantage, s’cii procurer de la vieille. Le change se mettra donc, comme j’ai dit, entre l’espèce nouvelle et l’espèce vieille. Pour lors, les banquiers ont du jirofit à faire sortir l’espèce vieille do l’Etat, parce (pi’ils se iirocurent jiar là le même avantage (pie donneroit un change ri'glé sur l’espèce vieille, c’est-à-dire beaui;oup do gros en Hollande; et (ju’ils ont un retour en change, réglé entre l’espèce nouvelle et l’espèce vieille, c.’cst-à-dire plus bas : ce qui procure beaucoup d’écus en France.
Je sui)posc que trois livres d’espèce vieille rendent, par le change actuel, quarante-cinq gros, et qu’en transportant ce môme écu en Hollande on en ait soixante; mais, avec uiu! lettre de quarante-cinq gros, on se procurera un écu de trois livres eu France, lequel, transporté en espèce vieille en llollandc, donnera encore soixante gros : toute l’espèce vieille sortira donc
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(le l’Etat qui fait la refonte, et le prolit en sera pour les banquiers.
Pour remétlier à cela, on sera force de faire une opération nouvelle. L’Etat qui fait la refonte enverra lui-inème une fjrande quantité d’espi'ces vieilles chez la nation (|ui règle le change; et, s’y procurant un crédit, il fera monter le change au i)oint qu’on aura, à peu de chose près, autant de gros, par le change, d’uu écu de trois livres, qu’on en auroit en faisant sortir un écu de trois livres en espèces vieilles hors du pays. Je disàpett de chose prés, parce que, lorsque le profit sera modique, on ne sera point tenté de faire sortir l’espèce, à cause des frais de la voiture et des risques de la confiscation.
Il est bon de donner une idée bien claire de ceci. Le sieur Bernard, ou tout autre banquier que l’Etat voudra employer, propose ses lettres sur la Hollande, et les donne à un, deux, trois gros plus haut que le change actuel; il a fait une provision dans les pays étrangers, par le moyeji des espèces vieilles qu’il a fait continuellement voiturer ; il a donc fait hausser le change au point que nous venons de dire. Cependant, à force de donner de ses lettres, il se saisit de toutes les espèces nouvelles, et force les autres banquiers qui ont des payements à faire à porter leurs espèces vieilles à la Monnoie; et de plus, comme il a eu insensiblement tout l’argent, il contraint à leur tour les autres banquiers à lui donner des lettres à un change très-haut : le profit de la fin l’indemnise en grande partie de la perte du commencement.
On sent que , pendant toute cette opération , l’Etat doit souffrir une violente crise. L'argent y deviendra très-rare, 1® parce qu’il en faut décrier la plus grande partie; 2® parce qu’il en faudra traiLsporter une partie dans les pays étrangers; 3" parce que tout le monde le resserrera, personne ne voulant laisser au prince un profit qu’on espère avoir soi-nième. Il est dangereux de la faire avec lenteur; il est dangereux de la faire avec promptitude. Si le gain qu’on suppose est immodéré, les inconvénients augmentent à mesure.
On a vu ci dessus que, quand le change étoit plus bas que l’espèce, il y avoit du profit à faire sortir l'argent; par la même raison , lorsqu’il est |»lus haut que l’espèce, il y a du profit à le faire revenir.
Mais il y a un cas où on trouve du profit à faire sortir l’espèce, quoique le change soit au pair : c’est lorqu’on l’envoie dans les pays étrangers, pour la faire remarquer ou refondre. Quand elle est revenue, on fait, soit qu’on l’emploie dans le pays, soit qu’on prenne des lettres pour l’étranger, le profit de la Monnoie.