LIVRE XXII, CHAPITRE XI. 3Go
S’il arrivoit que dans un litat on fit une conipa"nie qui ont un nombre très-eonsidérahle d'actions, et iiu’on eût fait, dans quelques mois de temps, hausser ces actions viiifit ou vinp;tcinq fois au delà de la valeur du premier achat, et (pie ci’ même Etat eût établi une banque dont les billets dussent faire la fonction de monnoie, et que la valeur numéraire de ces billets fût jirodifîieusc pour répoudre à la jirodifrieuse valeur numi'rairc des actions (c’est le système de M. I,avv) ; il suivroit de la nature de la chose (pic ces actions et bilb'ts s’anéantiroient de la même maniéré (pi’ils se seroient établis. Ou n’auroit pu faire monter tout à coup les actions viiifft ou vin^t-ciiiq fois plus haut que leur première valeur , sans donner à beaucou|> de "cns le moyen de se procurer d’immenses richesses (>n |iapier; chacun cberclieroit à assurer sa fortune; et, comme le chancre donne la voie la plus facile pour la dénaturer, ou pour la transporter où l’on veut, ou remettroit sans ce.sse une partie diîs clFets chez la nation qui règle le change. Un projet continuel de remettre dans les pays étrangers feroit baisser le change. Supposons que, du temps du systlmie, dans le rapport du titre et du poids de la monnoie d’argent, le taux du change fût de quarante gros parécu; lorsqu’un papier innombrable fut devenu monnoie, on n’aura jilus voulu donner ipie trent(‘neuf gros par('*cu; ensuite, que trente-huit, trente-sept, etc. Cela alla si loin (pie l’on ne donna plus que huit gros , et qn’enfin il n’y eut plus de change.
C’étoit le change qui devoit, en ce cas , ivgler en France la proportion de l’argent avec le papier. Je suppose que, par le poids et le titre de l’argent, l’écu de trois livres d’argent valût (piarantc gros, et que, le change se faisant en papier, l’écu de trois livres en papier ne valût que huit gros; la différence étoit de quatre cinquièmes. L’écu de trois livres en papier valoit donc quatre cinquièmes de moins (pic l’écii de trois livres en argent.