CHAPITRE XII
rircdnstancei dans lesquelles les Romaius Tireot leurs opérations sur la monnoie.
H y avoit anciennement très-peu d’or et d’argent on Italie;
1. Pline, Hist. naturelle, 1. X.XXIII, 3. Ils recevoienl dix onces de enivre
art. 3. pour vingt.
2. Pline, //Ut. naturelle, I. XXXIII, 4. Ils recevoient seize onces de cuivre
art. 3. pour vingt.
LIVRK XXII, riIAPITRK XII. nf.7
CO pays a peu on point de mines d’or et d'arjronl : lorsque Rome fut prise jiar les Gaulois, il ne s’y trouva que mille livres d’or*. Cependant les Romains avoient saccagé plusieurs villes puissantes, et ils en avoient transporté les ridies-scs chez ou\. Ils ne se servirent longtemps que de moniioie de cuivre : ce ne fut qu’aprés la paix de Pyrrhus qu’ils eurent assez d’argent pour en faire de lamonnoie*. Ils firent des deniers de ce métal, qui ^aloientdix as*, ou dix livres de cuivre. Pour lors, la proportion de l’argent au cuivre étoit eomnie 1 à 060; car le denier romain valoit dix as ou dix livres de enivre, il valoit cent vingt tmees de cuivre; et le même denier valant un huitième d'oncc» d’argent *, cela faisoit la proportion que nous venons de dire.
Rome, devenue maîtresse de cette partie de l’Italie la plus voisine de la Grèce et de la Sicile, se trouva peu à peu entre deux peuples riches, les Grecs et les Carthaginois : l’argent augmenta chez elle; et la proportion de I à 900 entre l’argent et le cuivre Ile pouvant plus se soutenir, elle fit diverses opérations sur les inonnoies, que nous ne connoissons pas. Nous savons seulement qu’au commencement de la seconde guerre punique le denier romain ne valoit plus que vingt onces de cuivre*; et qu’ainsi la proportion entre l’argent et le cuivn' n’étoiti>lus que c.omme I est à 160. La réduction étoit bien considérable, puisque la république gagna cinq sixièmes sur toute la luonnoie de cuivre; mais ou ne fit que ce que demandoit la nature des choses, et rétablir la propoi tion entre les métaux qui servoient de monnoie.
La paix qui termina la pi-emii-re guerre punique avoit laissé les Romains maîtres de la Sicile, llientôt ils entri-rent en Sardaigne ; ils commencèrent à connoître l’Espagne : la mas.se de l’argent augmenta encore à Rome; on y fit l’opération qui réduisit le deniei' d’.irgcnt de vingt onces à seize •; et elle eut cet effet qu’elle remit eu proportion l’argent et le cuivre ; celte proportion étoit comme 1 est à 1 60 ; elle fut comme 1 est à I2ft.
Examinez les Romains, voua ne les trouverez jamais si supérieurs que dans le choix des circonstances dans lesquelles ils firent les biens et les maux.