‹ De l'Esprit des loisChapitre 515 sur 935 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

Opérations sur les monnaies du temps des empereurs.

Dans les opérations tiuc l’on fil sur les nionnoies du temps de la république, on procéda par voie de retranchement : l’Etat confioit an peuple ses besoins, et ne prétendoit pas le séduire. Sous les empereurs, on procéda par voie d’alliage: ces princes, réduits au désespoir par letirs lilM-ralités mômes , se viremt obligés d’altérer les monnoies; voie indirecte, qui diminuoitle mal, et sembloit ne le pas toucher : on retirnit une partie du don, et on cachoit la main; et, sans parler de diminution delà paye ou des largesses, «'lies se trouvoient diminuées.

On voit encore, dans les cabinets', des médailles qu’on appelle fourrées, qui n’ont qu’une lame d’argent qui couvre le cuivre. H est parlé de cette monnoie dans un fragment du livre ' EXXVlIdcDion».

Didius Julien commença raffoiblissemcnt. On trouve que la monnoie de Caracalla* avoit plus de la ntoitié d’alliage; celle d’Alexandre Sévère les deux tiers : raffoiblissemcnt continua; et, sous Galien on ne voyoit plus que du cuivre argenté.

On sent que ces opérations violentes ne sauraient avoir lieu dans ces temps-ci; un prince se tromperoit lui-mème et no tromperoit personne. Le change a appris au banquier à comparer toutes les monnoies du monde, et ù les mettre à leur juste valeur; le titre des monnoies ne peut plus être un secret. Si un prince commence le billon, tout le monde continue, et le fait pour lui ; les espèces fortes sortent d’abord, et on les lui renvoie foibles. Si, comme les empereurs romains, il affoiblissoit l’argent sans affoihlir l’or, il verroit tout à coup disparoître l’or, et il scroit réduit à son mauvais argent. Le change, comme j’ai dit au livre précédent”, a éde les grands coups d’autorité-, <lu moins le succès des grands coups d’autorité.

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