‹ De l'Esprit des loisChapitre 521 sur 935 · LIVRE XXII, CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII, CHAPITRE XVIII

sente la dette d'une nation est un signe de richesse, car il n’y a qu’un Etat riche qui puisse soutenir un tel papier sans tomber dans la décadence ; que, s’il n’y tomhe pas, il faut que l'Etat ait de grandes richesses d’ailleurs. On dit qu’il n’y a point de mal, parce qu’il y a des ressources contre ce mal ; et on dit que le mal est un bien, parce que les ressources surpassent 1e mal. ‘

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Ru payement des dettes publiques.

Il faut qu’il y ait une proportion entre l’Etat créancier et l’Etat débiteur. L’Etat peut être créancier à l’inlini, mais il ne peut être débiteur qu’à un certain degré ; et, quand on est parvenu à passer ce degré, le titre de créancier s’évanouit. *

Si cet Etat a encore un crédit qui n’ait point reçu d’atteinte, il pourra faire ce qu’on a pratiqué si heureusement dans nu Etat d’Europe ‘ : c’est de se procurer une grande quantité d’espèces, et d’offrir à tous les particuliers leur remboursement, à moins qu’ils ne veuillent réduire l’intérêt. En effet, comme, loi-sque l’Etat emprunte, ce sont les particuliers qui fixent le taux de l’intérêt, lorsque l’Etat veut payer, c’est à lui à le fixer.

Il ne suffit pas de réduire l’intérêt, il faut que le bénéfice de la réduction forme un fonds d’amortissement pour payer chaque année une partie des capitaux : opération d’autant plus heureuse que le succès en augmente tous les jours.

Lorsque le crédit de l’Etat n’est pas entier, c’est une nouvelle raison pour chercher à former un fonds d’amortissement, parce que ce fonds une fois établi rend bientôt la confiance.

1“ Si l’Etat est une république, dont le gouvernement comporte par sa nature que l’on y fasse des projets iKuir longtemps, le capital du fonds d’amorti-ssement peut être peu considérable: il faut, dans une monarchie, que ce capital soit plus grand;

Les règlements doivent être tels que tous les citoyens de l’Etat portent le poids de l’établissement de ce fonds, parce qu'ils ont tout le [loids de l’établissement de la dette, le créancier de l’Etat, par les sommes qu’il contribue, payant lui-même à luimême;

3“ Il y a quatre classes de gens qui payent les dettes de l’Etat ; les propriétaires des fonds de terre, ceux qui exercent leur industrie par le négoce, les laboureurs et artisans, enfin les rentiers de l’Etat ou des particuliers. De ces quatre classes, la dei -

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