‹ De l'Esprit des loisChapitre 522 sur 935 · L Anpiptorre · texte numérisé non relu

L Anpiptorre

.172 TÎE L’ESPRÏT DES LOIS.

nitîi'o, dans un ras dr nrcossitô, scmbleroit devoir ùtrc la moins ménagée, parce que c’est une classe entièrement passive dans l’Etat, tandis que ce même Etat est soutenu par la force active des trois. autres. Mais, comme on ne peut la charger plus sans détruire la confiance publique, dont l’Etat en général, et ces trois classes en particulier, ont un souverain besoin; comme la foi publique ne peut manquer à un certain nombre de citoyens sans paroître manquer à tous; comme la classe des créanciers est toujours la plus exposée aux projets des ministres, et qu’elle est toujours sous les yeux et sous la main, il faut que l’Etat lui accorde une singulière protection, et que la partie débitrice n’ait Jamais le moindre avantage sur celle qui est créancière.

CHAPl’fRE Xl.X

Des prêts à iulérêt.

L’argent est le signe des valeurs. 11 est clair que celui qui a besoin de ce signe doit le louer, comme il fait toutes les choses dont il peut avoir besoin. Toute la différence est que les autres choses peuvent ou se louer ou s’acheter; au lieu que l’argent, qui est le prix des choses, se loue et ne s’achète pas >.

C’est bien une action très-bonne de prêter à un autre son argent sans intérêt; mais on sent que ce ne peut être qu’un conseil de religion, et non une loi civile.

Pour que le commerce puisse se bien faire, il faut que l’argent ait un prix, mais que ce prix soit peu considérable. S’il est trop haut, le négociant, qui voit qu’il lui en coùteroit plus en intérêts qu’il ne pourroit gagner dans son commerce, n’entreprend rien; si l’argent n’a point de prix, personne n’en prête, et le négociant n’entreprend rien non plus.

Je me trompe quand Je dis que personne n’en prête. 11 faut toujours que les affaires de la .société aillent; l’usure s'établit, mais avec les désordres que l’on a éprouv és dans tous les temps.

La loi de Mahomet confond l’usure avec le prêt à intérêt. L’usure augmente dans les pays mahométans à proportion de la sévérité de la défense : le prêteur s’indemnise du péril de la contravention.

Dans ces pays d’Orient, la plupart des hommes n’ont rien d’assuré; il n’y a pre.sque point de rapport entre la iwssession actuelle d’une somme et l’espérance de la ravoir après l’avoir prêtée : l’usure y augmente donc à proportion du péril de l’insolvabilité.

t. On ne parle point des cas où l'or et l'argent sont considérés comine marchandises. '

Page 1