‹ De l'Esprit des loisChapitre 527 sur 935 · ionime le dit Tacite, Annales , liv. VI · texte numérisé non relu

ionime le dit Tacite, Annales , liv. VI

8. La loi en fut faite à la poursuite do M. Genutius, tribun du peuple. (Tite- Live, liv. Vil, à la fin.)

!i. Veleri iam more f anus receptum erat. (Appien . de la tluerre cirile,

llT. 1.)

37G de L’esprit des lois.

débiteurs d’agir en conséquence des lois fut tué par les créanciers*, pour avoir voulu rappeler la mémoire d’une rigidité qu’on ne pouvoit plus soutenir.

Je quitte la ville pour jeter un peu les yeux sur les provinces.

J’ai dit ailleurs* que les provinces romaines étoient désolées par un gouvernement despotique et dur. Ce n’est pas tout : elles l’étoient encore par des usures affreuses.

Cicéron dit < que ceux de Salaminc vouloient emprunter de l’argent à Rome, et qu’ils ne le pou voient pas à cause de la loi Cabinienne. 11 faut que je cherche ce que c’étoit que cette loi.

Lorsque les prêts à intérêt curent été défendus à Rome, on imagina toutes sortes de moyens pour éluder la loi * ; et, comme les alliés * et ceux de la nation latine n’étoient point assujettis aux lois civiles des Romains, on se servit d’un Latin, ou d’un allié, qui prêtoit .son nom, et paroissoit être le créancier. La loi n’avoit donc fait que soumettre les créanciers à une formalité, et le peuple n’étoit pas soulagé.

Le peuple se plaignit de cette fraude; et Marcus Sempronius, tribun du peuple, par l’autorité du sénat, fit faire un plébiscite’’ qui portoit qu’en fait de prêts les lois qui défendoient les prêts à usure entre un citoyen romain et un autre citoyen romain auroient également lieu entre un citoyen et un allié ou un Latin.

Dans ces temps-là, on appeloit alliés les peuples de ritalie proprement dite, qui s’étendoit jusqu’à l'Arno et le Rubicon, et qui n’étoit point gouvernée en provinces romaines.

Tacite* dit qu’on faisait toujours de nouvelles fraudes aux lois faites pour arrêter les usures. Quand on ne put plus prêter ni emprunter .sous le nom d’un allié, il fut aisé de faire paroitre un homme des provinces, qui prêtoit son nom.

11 falloit donc une nouvelle loi contre cet abus; etGabinius®, faisant la loi fameuse qui avoit pour objet d’arrêter la corruption dans les suffrages, dut naturellement penser que le mcilb'ur moyen pour y parvenir étoit de décourager les emprunts : ces deux choses étoient naturellement liées; car les usures augmentoient toujours au temps des élections*®, parce qu’on avoit besoin d’argent pour gagner des voix. On voit bien que la loi Cabinienne avoit étendu le sénatus-consulte Sempronien

1. Permitil eot hyibut agere. {Xpuioii , de la Guerre civile, liv. I ; cl l'KfiiInme de Tilc-Live, liv. LXIV.) ï. L’an de Home 663.

Page 1