‹ De l'Esprit des loisChapitre 528 sur 935 · J. IVRE XXM, CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

J. IVRE XXM, CHAPITRE XXII

aux provinciaux, puisque les Salaminiens ne |)ouvuient emprunter (le rai’ffcnt à Home, à cause de cette loi. Brutus, sous dos noms empruntés, leur en prêta* à quatre pour cent par mois et obtint pour cela deux sénatus-consultes, dans le premier desquels il étoit dit (^ue ce prêt ne seroit j)as regardé comme une fraude faite à la loi, et que le gouverneur de Cilicie jugeroit en conformité des conventions portées par le billet des Salaminiens’.

Ia! prêt à intérêt étant interdit par la loi Gabinienne entre les gens des provinces et les citoyens romains, et ceux-ci ayant pour lors tout l’argent de l’univers entre leurs mains,” il fallut les tenter par de grosses usures qui fissent disparoitre, aux yeux de l’avarice, le danger de perdre la dette. Et, comme il y avoit à Rome des gens puissants qui intimidoient les magistrats, et faisoient taire les lois, ils furent plus hardis à prêter, et plus hardis à exiger de grosses usures. Cela fit que les provinces furent tour à tour ravagées par tous ceux qui avoient du crédit à Rome; et, comme chaque gouverneur faisoit son édit en entrant dans sa province*, dans lequel il mettoit à l’usure le taux qu’il lui plaisoit, l’avarice prêtoit la main à la législation, et la législation à l’avarice.

Il faut que les affaires aillent; et un Etat est perdu, si tout y est dans l’inaction. 11 y avoit des occasions où il falloit qui* les villes, les corps, les sociétés des villes, les particuliers, empruntassent; et on n’avoit que trop besoin d’emprunter, ne iVit-ee que pour subvenir aux ravages des armées, aux rapines d<!s magistrats, aux concussions des gens d’affaires, et aux mauvais usages qui s’étahlissoient tous les jours : car on ne fut Jamais ni si riche ni si pauvre. Le sénat, qui avoit la puissance exécutrice, donnoit par nécessité, souvent par faveur, la permission d’emprunter des citoyens romains, et faisoit là-dessus des sénatus-consultes. Mais ces sénatus-consultes mêmes étoient décrédihis par la loi; ces sénatus-consultes ’ pouvoient donner occasion au peuple do demander de nouvelles tables': ce qui, augmentant le danger de la perte du capital, augmentoit cn-

). Cinéron à Allicus, liv. VI,letl. T.

i. Pompée , qui avoit prélé an roi Ariobarsnnc six cents talents, se faisoit payer trente-trois talents attiques Ions les trente jours. {Cicéron à Àtlicus, liv. V, lett. XXI ; liv. VI, lett. i.)

3. ih nique Salamini»., nique cui eie dedit’el, frauli eseet. (IhtJ.)

4. L’cdit (le Cicéron la liioit & un pour cent par mois, avec l'usure do l'usure au bout (le l’an O'iai* fermiers

de la république, il les engageoit à donner un délai à leurs débiteurs. Si ceuxci ne payoient pas au temps fixé, il adjugeoit l'u.sure portée par le billet. (Cicéron à Alticue, liv. VI, letl. !.)

S. Voyez ce (jiic ditLucceius, lett. xii é Atlicus, liv. V. Il y eut mi'one un sénatus-consulle général pour fixer l'usure à un pour cent par mois. Voyez la même lelire.

• DE I/RSPETT des lois.

rore l'usure. Jo le dirai toujours, c’est la modération qui gouverne les hommes, et non pas les excès. ^

Celui-là paye moins, dit Ulpien*, qui paye plus tard. C'est ce principe qui conduisit les législateurs, après la destruction de la répuhlique romaine.

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