‹ De l'Esprit des loisChapitre 565 sur 935 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des religions en général.

Comme on peut juger parmi les ténèbres celks qui sont les moins épaisses, et parmi les abîmes ceux qui sont les moins profonds , ainsi l’on peut chercher entre les religions fausses celles qui sont les plus conformes au bien de la société; celles qui, quoiqu’elles n’aient pas l’elfet de mener les hommes aux félicités de l’autre vie, peuvent le plus contribuer à leur bonheur dans celle-ci.

Je n’oxaiçinerai donc les diverses religions du monde que par rapport au bien que l’on en tire dans l’état civil, soit que je parle de celle qui a sa racine dans le ciel, ou bien de celles qui ont la leur sur la terre.

Comme dans cet ouvrage je ne suis point théologien, mais écrivain politique, il pourroit y avoir das choses qui ne seroient entièrement vraies que dans une fai^on de penser humaine, n’ayant point été considérées dans le rapport avec des vérités plus sublimes.

A l’égard de la vraie religion, il ne faudra que très-peu d’équité pour voir que je n’ai jamais prétendu faire céder .scs intérêts aux intérêts politiques, mais les unir : or, pour les unir, il faut les connoitre.

La religion chrétienne, qui ordonne aux hommes de s’aimer, veut sans doute que chaque peuple ait les meilleures lois politiques et les meilleures lois civiles, parce qu’elles sont, après elle, le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir.

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