Pensiessurla Comète, etc
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iùi DE L’ESPIUT DES LOIS. »
un»; mauvaise. « J’aiinerois mieux, dit-il, que l'on dit de moi « que je n’existe pas, que si l'on disoit que je suis un méeliaiit M homme. » Ce n’est (|ii’un sopliisnie, fondé sur ce qu’il n’est d’aucune utilité au {,a'ure liuuiuiu (juc l’on croie qu’uu certain homme exi.ste; au lieu qu’il est très-utile que l’on croie que Dieu est. Do l’idée qu’il u’est jtas suit l’idée de notre indépendance; ou, si nous ne pouvons pas avoir cette idée, celle de notre révolte. Dire que la religion n’est pas un motif réprimant, parce qu’elle ne réprime pas toujours, c’est dire que les lois civiles ne sopt pas un motif réprimant non plus. C’est mal raisonner contre la leligion, de rassembler dans un grand ouvrage une longue énumération des maux qu’elle a produits, si l’on ne fait de même celle des biens qu’elle a faits. Si je voulois raconter tous les maux qu’ont produits dans le monde les lois civiles, la monarchie, le gouvernement i*t'puhlicain, je dirois des choses clfroyahles. (Juand il seroit inutile que les sujets eus.sent une religion, il ne le seroit pas que les princes en eu.ssent, et (pi’ils blanchissent d’écume le s<;ul frein que ceux qui ne craignent point les lois humaines puissent i^voif.
l'n prince qui aime lu religion et qui la craint est un lion qui cède à la main qui le llatte ou à la voix qui l’apaise; celui (|ui craint la religion et qui la hait est comme les bêtes sauvages qui mordent la cliaine qui les empêche de se jeter sur ceux qui passent; celui qui n’a point du tout de religion est cet animal terrible qui ne sent sa liberté (jue lorsqu’il déchire et qu’il dévore.
La question n’est pas de savoir s’il vaudroit mieux qu’un certain homme ou qu’un certain jieuplc n’eùt point de religion que d’abuser de celle qu’il a; mais de savoir quel est le moindre mal, que l’on abuse quelquefois de la religion, ou qu’il n’y en ait point du tout parmi les hommes.
Pour diminuer l'horreur de l’athéisme on charge trop l’idohitrie. 11 n’est pas vrai que, quand les anciens élevoient des autels à quelque vice, cela signifiât qu’ils aimassent ce vice : cela siguifioit au contraire qu’ils le haîssoient. Quand les Lacédémoniens érigèrent une chapelle à la Peur, cela ne signifioit pas que cette nation belliqueuse lui demandât de s’emparer dans les combats des cœurs des Lacédémoniens. 11 y avoit des divinités à qui on demandoit de ne pas inspirer le crim<‘, et d’autres à qui on demandoit de le détourner.