‹ De l'Esprit des loisChapitre 570 sur 935 · LIVRE XXIV, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE XXIV, CHAPITRE VI

C’est que les peuples du Nord ont cl auront toujours un esprit d’indépendance et de liberté que n’ont pas les peuples du Midi ; et qu’une religion qui n’a point de chef visible convient mieux à l'indépendance du climat que celle qui en a un.

Dans les pajs mêmes où la religion protestante s’étaiilit, les révolutions se firent sur le plan de l’Etat politique. Lulber, ayant pour lui de grands [irinces, n’auroit guère pu leur faire goûter une autorité ecclésiastique qui n’auroit point eu de prééminence extérieure; et Calvin , ayant pour lui des peuples qui vivuient dans des républiques, ou des bourgeois obscurcis dans des monarchies, pouvoit fort bien ne pas établir des prééminences et des dignités.

('.hacune de ces deux religions pouvoit se croire la plus parfaite; la calviniste se jugeant plus conforme à ce que Jésus- Christ avoit dit, et la luthérienne à ce que les a])ôtres avnient fait.

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