‹ De l'Esprit des loisChapitre 575 sur 935 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De la secte stoïque.

Les diverses sectes de philosophie chez les anciens pouvoient être considérées comme des especes dé religion. Il n’y eh a jamais eu dont les principes fussent plus dignes de l’homme, et plus propres à former des gens de bien, que celle des stoïciens; et, si je pouvois un moment cesser de penser que je suis chrétien, je ne pourrois m’empêcher de mettre la destruction de la secte de Zénon au nombre des malheurs du genre humain.

Elle n’outroit que les choses dans lesquelles il y a de la grandeur, le mépris des plaisirs et de la douleur.

Elle seule sa voit faire les citoyens; elle seule faisoit les grands hommes; elle seule fiiisoit les grands empereurs.

Faites pour un moment abstraction des vérités révélées; cherchez dans toute la nature, et vous n’y trouverez pas de plus grand objet que les Antonin. Julien même, Julien (un suffrage ainsi arraché ne me rendra point complice de son apostasie); non, il n’y a poiuPeu après lui de prince plus digne de gijuverner les hommes.

Pendant que les stoïciens regardoient comme une chose vaine les richesses, les grandeurs humaines, la douleur, les chagrins, les plaisirs, ils n’étoient occupés qu’à travailler au bonheur des hommes, à exercer les devoirs de la société; il sembloit qu’ils regardassent cet esprit sacré qu’ils croyoient être en eux-mêmes comme une espèce de providence favorable qui veilloit sur le genre humain.

Nés pour la société, ils croyoient tous que leur destin étoit de travailler pour elle : d’autant moins à charge que leurs récompenses étoient toutes dans eux-mêmes; qu’heureux par leur

t. Uisloire des Juifs, par Prideaux.

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philosophie seule, il scmhloit que le seul bonheur des autres put aupineiiter le leur.

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