CHAPITRE XXV
Inconvénient du transport d'uue religion d'un pays à un autre.
Il suit de là qu’il y a très-souvent beaucoup d’inconvénients à transporter une religion d'un pays dans un autre’.
« Le cochon, dit M. de Boulainvilliers’, doit être très-rare « en Arabie, où il n’y a presque point de bois, et presque rien « de propre à la nourriture de ces animaux; d’ailleurs, la sa- « litre des eaux et des aliments rend le peuple tivs-susceptible « des maladies de la peau. » La loi locale qui le défend ne sauroit être bonne pour d’autres pays’ où le cochon est une nourriture presque universelle, et en quelque façon nécessaire.
Je ferai ici une réllexion. Sanctorius a ob.scrvc que la chair de cochon que l’on mange se transpire peu, et que même cette nourriture empêche beaucoup la transpiration des autres aliments; il a trouvé que la diminution alloit à un tiers*. On sait d’ailleurs que le défunt de transpiration forme ou aigrit les maladies de la peau : la nouri iture du cochon doit donc être
t. Voyage de Hertiier, tome II, png. un.
ii Lettres édifiantes, Jouzieme recueil, pag. 95.
a. Voyage de Dernier, tome II , pag. 157.
S. KuripiJe, dans Athénée, liv. II, pag. ^0.
U. On ne parle point ici do religion clirctiennc, parce que, comme on a dit au liv. ,\.\1V, cliap. i. à la lin, la religion chrétienne esi le premier bien.
fi. Vie de Mahomet.