C’est la source de l’aveuglement
« l’égard de nos enfants; vous les faites brûler, parce qu’ils « suivent les inspirations que leur ont données ceux que la loi « naturelle et les lois de tous les peuples leur apprennent à « respecter comme des dieux.
« Vous vous privez de l’avantage que vous a donné sur les « Mahoniétans la manière dont leur religion s’estétablie. Quand « ils se vantent du nombre de leurs fidèles, vous leur dites que « la force les leur a acquis, et qu’ils ont étendu leur religion U par le fer ; pourquoi donc établissez-vous la vôtre par le léu?
« Quand vous voulez nous faire venir à vous, nous vous « objectons une source dont vous vous faites gloire de des- « cendre. Vous nous répondez que votre religion est nouvelle, « mais qu’elle est divine ; et vous le prouvez parce (ju’elle s’est a accrue par la persécution des païens et par le sang de vos a martyrs; mais aujourd’hui vous prenez le rôle des Dioclé- (I tiens, et vous nous faites prendre le vôtre.
U Nous vous conjurons, non pas par le Dieu puissant que « nous servons vous et nous, mais par le Christ que vous nous « dihîs’ avoir pris la condition humaine pour vous proposer des a exemples que vous puissiez suivre, nous vous conjurous « d’agir avec nous comme il agiroit lui-môme s’il étoit encore « sur la ttüTC. Vous voulez que nous soyons chrétiens, et vous « ne voulez pas l’ètre.
« Mais, si vous ne voulez pas être chrétiens, soyez au moins « dos hommes : traitez-nous comme vous feriez, si, n’ayant (pic « CCS foibles lueurs de justice que la nature nous donne, vous « n’aviez point une religion pour vous conduire, et une révé- « lation ])our vous éclairer.
« Si le ciel vous a assez aimés pour vous faire voir la vérité, « il vous a fait une grande grâce ; mais est-ce aux enfants qui « ont eu l’héritage de leur pï're de haïr ceux (pii ne l’ont H pas eu?
« Que si vous avez cette vérité, ne nous la cachez pas par la (( manière dont vous nous la proposez. Le caractère de la vérité i( c’est son triomphe sur les cœurs et les esprits, et non pas « cette impuissance que vous avouez, lorsque vous voulez la « faire recevoir par des supplices.
U Si vous êtes raisonnables, vous ne devez pas nous faire « mourir parce que nous ne voulons pas vous tromper. Si votre « Christ est le fils de Dieu, nous espérons qu’il nous récom- « pensera de n’avoir pas voulu profaner ses mystères; et nous « croyons que le Dieu que nous servons vous et nous ne nous « punira jias de ce nous avons souffert la mort pour une reli-