‹ De l'Esprit des loisChapitre 611 sur 935 · LIVRE XXV, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXV, CHAPITRE XIV

« gion qu’il nous a autrefois donnée, parce nous croyons qu’il « nous l’a encore donnée.

« Vous vivez dans un siècle où la lumière naturelle est plus U vive qu’elle n’a jamais été, où la philosophie a éclairé les « esprits, où la morale de votre Évangile a été plus connue, où « les droits respectifs des hommes les uns sur les autres, l’omet pire ([u’une conscience a sur une autre conscience, sont mieux a étahlis. Si donc vous ne revenez pas de vos anciens préjugés,

« qui, si vous n’y prenez garde, sont vos passions, il faut avouer « que vous êtes incorrigibles, incapahicsde toute lumière et de « toute instruction; et une nation est hien malheurcuse,^ qui « donne de l’autorité à des hommes tels que vous.

« Voulez-vous que nous vous disions naïvement notre penstlc ? « Vous nous regardez plutôt comme vos ennemis tpie comme O les ennemis de votre religion : car, si vous aimiez votre reli- « gion, vous ne la laisseriez pas |con’on)pre par une ignorance M grossière.

« Il faut fpic nous vous avertissions d’une chose; c’est que, « si (pielqu’un dans la postérité ose jamais dire que dans le « siècle où nous vivons les peuples d’Europe étoient policés, on « vous citera pour prouver qu’ils étoient harhares; et l’idée que « l’on aura de vous sera telle qu’elle flétrira votre siècle, et « portera la haine sur tous vos contemporains. »

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