‹ De l'Esprit des loisChapitre 630 sur 935 · CHAPITRE XIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIH

Dans quel cas il faut suivre, <à l’ég^ard des mariages, les lois de la religion; et dans quel cas il faut suivre les lois civiles. ^

Il est arrivé; dans tous les pays et dans tous les temps, que la religion s’est mêlée des mariages. Dès que de certaines choses ont été regardées comme impures ou illicites, et que cependant elles étoient nécessaires, il a bien fallu y appeler la religion pour les légitimer dans un cas, et le? réprouver dans les autres.

D’un autre coté, les mariages étant, de toutes les actions humaines, celle qui intéresse le plus la société, il a bien fallu qu’ils fussent réglés par les lois civiles.

Tout ce qui regarde le caractère du mariage, sa forme, la manière de le conti*acter, la fécondité qu’il procure, qui a fait comprendre à tous les peuples qu’il étoit l'objet d’une bénédiction particulière qui, n’y étant pas toujours attachée, dépendoit de certaines grâces supérieures : tout cela est du ressort de la religion.

Les conséquences de cette union par rapport aux biens , les avantages réciproques, tout ce qui a du rapport à la famille nouvelle, à celle dont elle est sortie, à celle qui doit naître : tout cela regarde les lois civiles.

Comme un des grands objets du mariage est d’ôter toutes les incertitudes des conjonctions illégitimes, la religion y imprime son caractère ; et les lois civiles y joignent le leur, afin qu’il ait toute l'authenticité possible. Ainsi, outre les conditions que demande la religion pour que le mariage soit valide, les lois civiles en peuvent encore exiger d’autres.

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