Cicéron, de Finibus bonorum et malorumtVib. H
et l'on fit jurer qu’on l’observeroit • : de sorte que la probité faisoit, pour ainsi dire, la puerre à la prolnté. Mais, dans les derniers temps, les mœurs se corrompirent au point que les lidéicommis durent avoir moins de force pour éluder la loi Voconienne que cette loi n’en avoit pour se faire suivre.
Les guerres civiles firent périr un nombre infini de citoyens. Rome, sous Auguste, se trouva presque déserte : il falloit la repeupler. On fit les lois Papiennes, où l'on n’omit rien de ce qui pouvoit encourager les citoyens à se marier et à avoir des enfants *. Un des principaux moyens fut d’augmenter, pour ceux qui SC prètoient aux vues de la loi, les espérances de succéder, et de les diminuer pour ceux qui s’y refusoient; et, comme la loi Voconienne avoit rendu les femmes incapables de succéder, la loi Papienne fit dans de certains cas cesser cette prohibition.
Les femmes *, surtout celles qui avoieiit des enfants, furent rendues capables de recevoir en vertu du testament de leurs maris; elles purent, quand elles avoient des enfants, recevoir en vertu du testament des étrangers : tout cela contre la disposition de la loi Voconienne; et il est remarquable qu’on n’af)andonna pas entièrement L’esprit de cette loi. Par exemple, la loi Papienne* permettoit à un liomme qui avoit un enfant* de recevoir toute l’hérédité par le testament d’un étranger; elle n’accordoit la même grâce à la femme que lorsqu’elle avoit trois enfants*.
11 faut remarquer que la loi Papienne ne rendit les femmes qui avoient trois enfants capables de succéder qu’en vertu du testament des étrangers; et qu’à l’égard de la succession des j)arents, elle laissa les anciennes lois et la loi Voconienne dans toute leur force’. Mais cela ne subsista pas.
Home, abîmée par les richesses de toutes les nations, avoit changé de mœurs; il ne fut plus question d’arrêter le luxe des femmes. Aulu-Gelle *, (jui vivoit sous Adrien, nous dit que de son temps la loi Voconienne étoit presque anéantie; elle l\it couverte par l’opulence delà cité. Aussi trouvons-nous dans les
1. SciliUus disoit qu’il avoit juré de l’observer. (Cicéron , de Finibus bon.
et mal., lib. II.)