‹ De l'Esprit des loisChapitre 68 sur 935 · Lettres édif., recueil II, p · texte numérisé non relu

Lettres édif., recueil II, p

5. Ce chapitre est court ; c est un ancien proverbe espagnol. — Le sage

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l.IVRE V, CHAPITRE XIV.

CHAPITKE XIV

Coinniciil les lois sont relatives au principe du gouvernement despotique.

I.p "ouvcrntMTiciit despotique a pour principe la crainte : mais, à des fteuplcs timides, iprnorants, ahattiis, il ne faut pas Iteauroup de lois.

Tout y doit rouler sur deux ou trois idées : il n’en faut donc pas de nouvelles. Quand vous instruisez une bête, vous vous donnez bien dejîarde de lui faire chanp-er de maître, de leçons, et d’allure; vous frappez son cerveau par deux ou trois mouvements, et pas davantaoe.

F>orsque le prince est enfermé, il ne peut sortir du séjour delà volupté sans désoler tous ceux qui l'y retiennent. Ils ne peuvent soulTrir que sa pe-rsonne et son pouvoir passent en il’autres mains *. Il fait donc rarement la "•uerre en perstmne, et il n’ose guère la faire par ses lieutenants.

l'n prince pan;il, accoutumé, dans son palais, à ne trouver aucune résistance, s’indigne de celle qu’on lui fait les armes à la main : il est donc ordinairement conduit par la colère ou par la vengeance. D'uilletirs, il ne peut avoir d’idée de la vraie gloire, l.es guerres d(»i vent donc s’y faire dans toute lenr fureur naturelle, et le droit des gens y avoir moins d’étendue qu’ailleiirs.

Un tel prince a tant de défauts qu’il faudroit craindre d’exposer au grand jour sa stupidité naturelle. Il est caché, et l'on ignore l’état où il se ti-ouve. Par bonheur, les hommes sont tels dans ce pays, qu’ils n’ont besoin que d’un nom qui les gouverne.

Charles Xll étant à Bender ’, trouvant cpielquc résistance dans le sénat de Suède, écrivit qu’il leur enverroit une de ses

roi Alphonse VI disait ; < Elague sans abattre, t Cela est plus court encore.

C'c»l ce que Snavédra répété dan-v scs Mê'iitalioni polilitjvet. C cal ce que don Vatariz, véritable linmine d’Etal, no cesse de recontm.mder dan» sa Théorie ftra lir/ue </« Commerce : • Le laboureur, quand il a besoin de bois, coupe une branehe, et non pas le pied de l'arbre. » Mais ces niavimes ne sont employée» que pour donner plus de forre aux sages représentation» que fait L'slariz au roi son maître. (Volt.)

i. Les femmi*» et les eunuque», qui ne connoissent autre chose que le sérail où il sont renfermés, tenant pour un grand

malheur de perdre le roi de vue seulement pour quelques heures, s'opposent, detouie leurpnissanre.ùlontes sortes de projets deguerreqii'on pourroit former; et pénétrant par mille artifice» dan» le cœur du prince, ils en .arraebent promptement le» sentiments de gloire qu’ils v voient naître; et le ministre, qni a le courage de lui en inspirer , est bientdt iniinoié il la jalonsic de ces .1me» foibles. (Chardin, Voyage ile Perse, description du gonvcrneiiieiil, ch.ip. iv.) P.)

ï. Charles XII n'étoit point alors à Bender, comme le dit l’autenr, mai» à Démotica, où l'on sait qu'il resta plu» d'uD an. (D.)

o8 DE I/ESPRIT DES LOIS.

bottes pour commander. Cetk botte auroit roinmandé comme un roi despotique.

Si le prince est prisonnier, ü est censé être mort; et un autre monte sur le tn‘*ne. l.es trait»“s que fait le pris<jnnier sont nuis ; son successeur ne les ratüieroit pas. En effet, comme il est les lois, l'Etat, et le prince, et que, sitôt qu’il n'est plus le prince, il n’est rien, s’il n’etoit pas censé mort. l’Etat seroit détruit.

Lite des choses qui détermina le plus les Turcs à faire leur paix séparée avec Pierre l'*’, fut que les Moscovites dirent au visir qu’en Suède on avoit mis un autre roi sur le trône *.

l.a conservation de l’Etat n’est que la conservation du prince, ou plutôt du palais où il est enfenué. Tout ce qui ne menace pas directement ce palais ou la ville capitale, ne fait point d’impression sur des esprits ignorants, orgm-illeux, et prévenus; et, quant à l’encliainement des événements, ils ne peuvent le suivre, le prévoir, y penser même. La ixditiqiie, ses res.sorts et ses lois, y doivent être tres-bomes, et le gouvernement politique y est aussi simple que le gouvernemeut civil <.

Tout se réduit à concilier le gouvernement politique et civil avec le gouvernement domestique, les ofliciers de l’Etat avec ceux du sérail.

l u pareil Etat sera dans la meilleure situation lorsqu’il (lourra se regarder comme seul dans le monde; qu’il sera euviroané de des»Tts, et s«*pari“ de peuples qu’il appellera barbares *. Ne pouvant compter sur la milice, il sera bon qu'il détruise une partie de lui-mèine.

Comme le principe du gouvernement despotique est la crainte, le tint en est la tranquillité : mais ce n’est point une (uix, c’est le silence de ces viljes que rennemi est près d’iM'cuper.

La force u’étant pas dans l'Etat, mai* daus l’armée qui l’a (onde, il faudroit. pour defendre l’Etat, cons»>rv er cette armée : mais elle est formidable au prince. Comment donc concilier la sûreté de l’Etat avec la sûreté de la personne?

^oyeI, je vou.s prie, avec quelle industrie le gonvernemetlt moscovite cherche à sortir du despotisme, qui lui est plus pesant

I. 4<f raSeDikvrf, Risi^ire M»tttritU*. ae irait? «Je Ja ehap. i.

Su M . C^r4ta. ü d’v a poiot <ie

cocMeil 4 Etat tn

3, ta siti»aiio« 4e la Perv^ ni «* qoi fait «a prrafipaJ force : car, 4« loos •té», *•-» fraetière» «ïnt moparées.

aÎDM ûQ 4c taers, oa 4e de^rts.

^ haatc» a»o^tafBe» qai co rc»4c«it S'eairée fort diHiciXe; cl, po«r ec fsi est

4e voisin», il n*y a qec ifS Turcs qao U Perse ait sajet 4e craimire. Les !■dieas sont des enneoii» qaVUe méprise, les avant toojoors balle». Les Tartares sont divisés en plnriesr» prioeîpaelés séparées, et ne lont la gnerre qoe par de» conrscs , sao» se mettre jamais en état de donner baLulle. ( Cbi^iD, /oc.

CS/.) fP.»

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