Liv. il, lit. V, S
n. Ajouté & lu loi saliijue sur l’an 819.
avec les armes. Dans la suite il n’y eut que les serfs qui combattissent avec le l>ùton '.
. Déjà je vois naître et se former les articles particuliers de notre point d’iionneur. L’accusateur coinmençoit par déclarer devant le juj'c qu’un tel avoit commis une telle action; et celui-ci répondoit qu’il en avoit menti® : sur cela le juge ordonnoit le duel. La maxime s’établit que, lorsqu’on avoit reçu un démenti, il falloit se battre.
Quand un bomtne avoit déclaré qu’il cond)attroit, il ne pouvoitplus s’en départir; et s'il le faisoit, il étoit condamné à une peine®. Do là “Suivit cette règle »pie, quand un homme s’étoit engagé par sa j)arole, l’honneur ne lui permettoit plus de la ré'tracter.
Les gentilshommes se. battoient «litre eux à cheval et avec leurs armes*; et les vilains se battoient à pied et avec le Làton®. De là il suivit que le bâton étoit rinstrument des outrages*, parce qu’un homme qui en avoit été battu avoit été traité comme un vilain.
11 n’y avoit que les vilains qui combattissent à visage découvert''; ainsi il n’y avoit qu’eux qui pussent recevoir des coups sur la face. Un souftlet devint une injure qui devoit être lavée par le sang, parce qu’un homme qui l’avoitrecu avoit été traité comme un vilain.
Les peuples germains n’étoient pas moins sensibles que nous au point d’honneur; ils l’étoient même plus. Ainsi les parents les plus éloignés prenoient une part très-vive aux injures; et tous leurs codes sont fondés là-dessus. F.a loi des Lombards •veut que celui qui, accompagné de scs gens, va battre un homme qui n’est point sur ses gardes , afin de le couvrir de honte et de ridicule, paye la moitié de la composition qu’il auroit due s’il l’avoit tué"; et que, si par le même motif il le lie, il paye les trois quarts de la même composition
Disons donc que nos pères étoient extrêmement sensibles aux affronts; mais que les affronts d’une espèce particulière, de recevoir des coiqis d’un certain instrument sur une^ certaine partie du corps, et donnés d’une certaine manière, ne leur
1. Voyez Beaumanoir, chap. iiiv , d’Anjou, rapportées par Galland, page
pag. 323. 2S3.