LIVRE XXVIII, CHAPITRE XX
Jo trouve qu’au eommonceinentdc la troisit-nio race, la jurisprudence étoit toute en procédés; tout fut gouverné par le point d'honneur. Si l’on n’avoit pas obéi au juge, il poursuivoit son oll’cnse. A Bourges si le prévôt avoit mandé quelqu’un, et qu’il ne fût pas venu ; «Je t’ai envoyé chercher, disoit-il; tu as dé- « daigné de venir; fais-moi raison de ce mépris. » Et l'on combattoit. Louis le Gros réhjrma cette coutume*.
Le combat judiciaire étoit en usage à Orléans dans toutes les demandes de dettes*. Louis le Jeune déclara que cette coutunic n’auroitlieu que lorsque la demande excéderoit cinq sous. Cette ordonnance étoit une loi locale; car, du temps de saint Louis*, il suffisoit que la valeur fût de plus de douze deniers. Bcaumanoir avoit ouï dire à un seigneur de loi, qu’il y avoit autrefois en France cette mauvaise coutume, qu’on pouvoit louer pendant un certain temps un champion pour combattre dans ses affaires*. 11 falloit que l’usage du combat judiciaire eût pour lors une prodigieuse extension.
CHAPIfRE XX
OrigiDC (tu point d'iionncur.
On trouve des énigmes dans les codes des lois des barbares. La loi des Frisons ne donne qu’un demi-.sou de composition à celui qui a ret u des coups de bâton*; et il n’y a si petite blessure pour laquelle elle n’en donne davantage. Par la lui salique, si un ingénu donnoit trois coups de bâton à un ingénu, il payoit trois .sous; s’il avoit fait couler le sang, il étoit puni comme s’il avoit blessé avec le fer; et il payoit quinze sous : la peint;, se mesuroit par la grandeur des blessures. La loi des Lombards établit différentes compositions pour un coup, pour deux, pour trois, pour quatre". Aujourd’hui un coup en vaut cent mille.
La constitution de Charlemagne, insérée dans la loi des Lombards, veut que ceux à qui elle permet 1e duel combattent avec le bâton*. Peut-être que ce fut un ménagement pour le clergé; peut-être' que, comme onétendoit l’usage des combats, on voulut les rendre moins sanguinaires. Le capitulaire de Louis le Débonnaire» donne le choix de combattre avec le bâton ou
1 . Chartre de Louis le Gros, de l’an 1 14a, dans le Recueil des ordonnances.