CHAPITRE XVll
Des présents.
C’est un usage, dans les i>ays despotiques, que l’on n’aborde qui que ce soit au-dessus de soi sans lui faire un présent *,
1. En Perse, dit Chardin, on ne demande rien, qu’un présent ù la main.
Les plus pauvres et les plus misérables ne paroissent devant les grands, et devant personne à qui ils demandent quelque gnlcc, qu’en leur oll'rant quelmie chose; et tout est reçu, môme chez les premiers seigneurs du pays, du fruit, des poulets, un agneau. Chacun donne ce qui est le plus sous sa main et de sa profession; et ceux qui n’ont point de profession, donnent de l’argent. C’est un honneur que de recevoir ces sortes de présents. On le fait en public, et même on prend le temps qu’il y a le plus de compagnie. Celte coutume est universelemenl pratiquée dans -tout rOrient, et
c’est pcnl-ètre une des plus anciennes du momie. * ( Descrijytion de la Perse ^ chap. XI.) — Je crois que celle coutume était établie chez les Régulos-Lombards, Ostrogolhs , AVisigoths, Bourguignons, Francs. Mais comment fusaient les pauvres qui demandaient justice? Les rois de Pologne ont continué ju.squ’à nos jours à recevoir des présents. Joinville convient que saint Louis en recevait quelquefois. II lui dit un jour, avec sa naïveté ordinaire, au sortir d’une audience
fiarticulicrc que le roi avait accordée ii ’abbé de Cluny: * N’est-il pas vrai, sire, « que les, deux beaux chevaux que ce « moine vous a donnés, ont un peupro- <1. longé la conversation? « (Volt )