LIVRE XXIX, CHAPITRE XIV
tin'îo des institutions iacédéinonieniiès. Lycurgue, dans la vue de donner à scs citoyens do radresse, de la ruse et de ractivité, voulut qu’on exerçât les enfants au larcin, et qu’on fouettât rudement ceux qui s’v laisseroient surprendre : cela établit. che/ les lirecs, et ensuite chez les Koniains, une }irando dilférence i-ntre le vol manifeste et le vol non manifeste L
(3iez les Romains, l’esclave qui avoit volé étoit précipité de la roche Tarpéienno. l.à il n’étoit point question des institutions laeédémoniennes ; les lois de ÎAcurgue sur le vol n’avoient point été faites pour les esclaves : c.’ét(>it les suivre que de s’eii écarter en ce point.
A HomCj lorsqu’un inq)uhère avoit été surpris dans le vol, le préteur le faisoit battre de vcr^^es à sa volonté, comme on faisoit à Lacédémone. Tout ceci venoit de plus loin. Les Lacédémoniens avoient tiré ces iisafies des Crétois; et Platon qui veut prouver ({ue les institutions des Crétois étoient faites i>our la g^ierre, cite celle-ci : « La faculté de supporter la douleur
dans les combats particuliers, et dans les larcins qui obligent « de se cacher. »
Comme les lois civiles dépendent des lois politiques, parce (jue c’est toujours pour une société ((u’ellcs sont faites, il seroit bon que, «juand on veut porter une loi civile d’une nation chez une autre, on examiiuit auparavant si elles ont toutes les deux les memes institutions et b; même droit politique.
.Vinsi, lors((ue les lois sur le vol passèrent des Crétois aux Lacédémoniens, comme elles y passèVent avec le gouvernement et la constitution même, ces lois furent aussi sensées chez un de ces peuples qu'elles l’étoient chez l’autre; mais, lorsque de l.acédéinone elles furent portées à Rome, comme elles n’y trouvèrent pas la même constitution, elles y furent toujours étrango'res, et n’eurent aucune liaison avec les autres lois civiles des Romains.