LIVRE VI, CHAPITRE I
qui détruisent la vertu, mais encore les négligences, les fautes, une certaine tiédeur dans l’amour de la patrie, des exemples dangereux, des semences de corruption; ce qui ne choque point les lois, mais les élude ; ce qui ne les détruit pas, mais les affoihlit ; tout cela doit être corrige par les censeurs. ,
On est étonné de la punition de cet aréopagite qui avoit tué un moineau qui, poursuivi par un épervier, s’étoit réfugié dans son sein. Ou est surpris que l’aréopage ait fait mourir un enfant qui avoit crevé les yeux à son oiseau. Qu’on fasse attention qu’il ne s’agit point là d’une condamnation pour crime, mais <l’un jugement de mœurs dans une répuhliiiue fondée sur les mœurs.
Dans les monarchies, il ne faut point de ccnstoirs ; elles sont fondées sur l’honnciir; et la nature de l’honneur est d’avoir pour censeur tout l’univers, 'fout homme qui y manque est soumis aux reproches de ceux mêmes qui n’en ont point.
Là, les censeurs seraient gâtés par ceux mômes qu’ils dcvroient corriger. Ils ne seroient |>as bons contre la corruption d’une monarchie ; mais la corruption de la monarchie seroit trop forte contre eux. ' .
On sent bien qu’il ne faut pas de cen.seurs dans les gouvernements de.spotiipies. L’exemple de la Chine semble déroger à cette règle ; mais nous verrons , dans la suite de cet ouvrage , les raisons singulières de cet établissement L