Feudorum, lib. i. tit. i
8. C’étoit une espèce de précaire que le seigneur renouveloit ou ne renouvelait pas l’année d’ensuite, comme Cujas l’a remarqué.
5o8 ^DB L’ESPRIT DES LOIS.
soumis à la servitude de la glèbe; les terres qu’ils possèdoien^ étoient ce qu’on appeloit des terres allodiales.
Les comtes assemhloieiit les hommes libres, ot les msmûent à la guerre*; ils avoient sous eux des officiers qu’ils appeloieat vicaires*; et, comme tous les hommes libres étoient divisés en centaines qui forinoient ce que l’on appeloit un bourg, les confites avoient encore sous eux des officiers qu’on appeloit cente.niers, qui menoient les hommes libres du bourg ou leurs centaines, à la guerre.
Cette division par centaines est postérieure à l’établissement des Francs dans les Gaules. Klle fut faite par Clotaire et Childebert, dans la vue d’obliger chaque district à répondre des vols qui s’y feroient : on voit cela dans les décrets de ces princes*. Une pareille police s’observe encore aujourd’hui en Angleterre.
Comme les comtes menoient h;s hommes libres à la guerre, les Icudes y menoient aussi leurs vassaux ou arrière-vassaux; et les évêques, abbés, ou leurs avoués *, y menoient les leurs
Les évêques étoient assez embarrassés : ils ne convenoient pas bien eux-mêmes de leurs faits’. Ils demandèrent à Charlemagne de ne plus les obliger d’aller à la guerre; et quand ils l’eurent obtenu, ils sc plaignirent de ce qu’on leur faisoit perdre la considération publi(iue; et ce prince fut obligé de justifier là-dessus ses intentions. Quoi qu’il en soit, dans les temps où ils n’allèrent plus à la guerre, je ne vois pas que leurs vassaux y aient été menés par les comtes ; on (oit au contraire que les rois ou les évêques choisissoient un des fidèles pour les y conduire *. '
Dans un capitulaire de Louis le Débonnaire®, le roi distingue trois sortes de vassaux : ceux du roi, ceux des évêques, ceux du comte. Les vassaux d’un leude ou seigneur n’étoient menés à la guerre par le comte que lorsque quelque emploi dans la maison du roi empêchoit ces leudes de les mener eux-mêmes *®.
1. Voyei le capitulaire de Charlcmngne, (le l’an 812, art. 3 et 4, édition de Ilaluze, tome I, page 491 ; et l'édit du Fiâtes, de l'an 864, art. 26, iomo U, page 186.