LIVRE XXXI, CHAPITRE III
trouvera pour aïeul Clotaire l" lui-même, qui fit des dons immenses aux églises pour expier la mort de son fils Cramne, qu'il avoit fait brûler avec sa femme et ses enfants.
2° Les abus que cette constitution corrige subsistèrent après 1 a mort de Clotaire et furent même portés à leur comble pendant la foiblcsse du règne de Contran, la cruauté de celui de Chilpéric, et les détestables régences de Frédégonde et de Brunehault . Or, comment la nation auroit-clle pu souffrir des griefs si solennellement proscrits, sans s’êtrc jamais récriée sur le retour continuel de ces griefs? Comment n’auroit-elle pas fait pour lors ce qu’elle fit lorsque Chilpéric II ayant repris les anciennes violences*, elle le pressa d’ordonner que, dans les jugements, on suivît la loi et les coutumes, comme on faisoit anciennement*?
3° Enfin cette constitutipn, faite pour redresser les griefs, ne peut point concerner Clotaire 1", puisqu’il n’y avoit point sous son règne de plaintes dans le royaume à cet égard, et que son autorité y étoit très-alfermie, surtout dans le temps où l’on place cette constitution; au lieu qu’elle convient très-bien aux événements tp.ii arrivèrent sous le règne^de Clotaire 11, qui causèrent une révolution dans l’état politique du royaume. Il faut éclairer l’histoire par les lois, et les lois par l’histoire.