‹ De l'Esprit des loisChapitre 880 sur 935 · CHAPITRE .XXYH · texte numérisé non relu

CHAPITRE .XXYH

Autre changement arrivé dans les Cefs.

Du temps de Charlemaj'ne* on étoit obligé, sous de grandes peines, de se rendre à la convocation, pour quelque guerre que ce fût; on ne recevoit point d’excuses; et le comte qui auroit exempté quelqu’un auroit été puni lui-même. Mais le traité des trois frères* mit là-<lessus une restriction qui tira, pour ainsi dire, la noblesse de la main du roi* : on ne fut plus tenu de suivre le roi à la gucre que quand cette guerre étoit défensive.

Il fut libre, dans les autres, de suivre son seigneur, ou de vaquer à ses alfaires. Ce traité se rapporte à un autre, fait cinq ans auparavant entre les deux frères Charles le Chauve et Louis, roi de Germanie, par lequel ces deux frères dispensèrent, leurs vassaux de les suivre à la guerre, en cas qu’ils fissent quelque entreprise l’un contre l’autre : chose que les deux princes jurèrent, et qu’ils firent jurer aux deux armées

La mort de cent mille François à la bataille de Fontenay fit penser à ce qui restoit encore de noblesse que, par les querelles particulières de ses rois sur leur partage, elle seroit enfin exterminée, et que leur ambition et leur jalousie feroit verser tout ce qu’il y avoit encore de sang à répandre *. On fit cette • loi , que la noblesse ne seroit contrainte de suivre les princes à la guerre que lorsqu’il s’agiroit de défendre l’Etat contre une invasion étrangère. Elle fut en usage pendant plusieurs siècles».

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