‹ De l'Esprit des loisChapitre 883 sur 935 · LIVRE XXXI, CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI, CHAPITRE XXVIII

Mais Charles le Chauve fit un règlement général, qui affecta également et les grands offices et les fiefs : il établit, dans ses capitulaires, que les comtés seroient données aux enfants du comte; et il voulut que ce règlement eiit encore lieu pour les fiefs L

On verra tout à l’heure que ce reglement reçut une ])lus grande extension : de sorte que les grands offices et les tiefs passèrent à des parents plus éloignés. Il suivit de là que la plupart des seigneurs, qui relevoient immédiatement de la couronne, n’en relevèrent plus que médiatement. Ces comtes qui rendoient autrefois la justice dans les plaids du roi, ces comtes qui menoient les hommes libres à la guerre, se trouvèrent entre le roi et ses hommes libres; et la puissance se trouva encore reculée d’un degré.

Il y a plus : il paroît par les capitulaires que les comtes avoiemt des bénéfices attachés à leurs comtés, et des vassaux sous eux^. Quand les comtés furent héréditaires, ces vassaux du comte ne furent plus les vassaux immédiats du roi; les bénéfices attachés aux comtés ne furent plus les bénéfices du roi ; les comtes devinrent plus puissants, parce que les vassaux qu’ils avoient déjà les mirent en état de s’en procurer d’autres.

Pour bien sentir l’affuiblisscment qui en résulta à la fin de la seconde race, il n’y a qu’à voir ce qui arriva au commencement do la troisième, où la multiplication des arrière-fiefs mit les grands vassaux au désespoir.

C’étoit une coutume du royaume, que, quand les aînés avoient donné des partages à leurs cadets, ceux-ci en faisoient hommage à l'aîné 3 : de manière que le seigneur dominant ne les tenoit plus qu’en arrière-fief. Philippe-Auguste, le duc de Bourgogne, les comtes de Nevers, de Boulogne, de Saint-Paul, de Dampierre, et autres seigneurs, déclarèrent . que dorénavant, soit que le fief fut divisé par succession ou autrement, le tout relèveroit toujours du même seigneur, sans aucun seigneur moyen Cette ordonnance ne fut pas généralement suivie; car.

de Toulouse avoit été donnée par Charles Martel , et passa d’héritier en héritier jusqu’au dernier Raymond; mais si cela est, ce fut l’effet de quelques circonstances qui purent engager à choisir les comtes de Toulouse parmi les enfants du dernier possesseur.

1. S'^oyez son capitulaire de l’an 877, tit. Lin, art. 9 et 10, apud Carisiacum. Ce capitulaire se rapporte à un autre de la même année et du même lieu, art. 3.

2. Le capitulaire iii de l’an 812, art. 7; et celui de l’an 815, art. 6, sur les Espagnols; le recueil des capitulaires, liv. "V, art. 228; et le capitulaire de l’an 869, art. 2 ; et celui de l\n 877, art. 13, édit, de Baluze.

3. Comme il parolt par Othon de Frissingue, des Gestes do Frédéric, liv. II, chap. XXIX.

4. Voyez l’ordonnance de Philippe- Auguste, de l'an 1209, dans le nouveau recueil.

comme j’ai dit ailleurs, il étoit impossible de faire, dans ces temps-là, des ordonnances générales; mais plusieurs de nos coutumes se réglèrent là-dessus.

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