‹ De l'Esprit des loisChapitre 888 sur 935 · LIVRE XXXI, CHAPITRE XXXIII. C2I · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI, CHAPITRE XXXIII. C2I

des deux cotés. Les villes d’Orléans et de Paris arrètoient ces brigands' ; et ils ne pouvoient avancer ni sur la Seine ni sur la Loire. Hugues Capet, qui possédoit ces deux villes, tenoit dans ses mains les deux clefs des malheureux restes du royaume : on lui déféra une couronne qu'il étoit seul en état de défendre. C’est ainsi que depuis on a donné l’Empire à la maison qui tient immobiles les frontières des Turcs.

L’Empire étoit sorti de la maison de Charlemagne dans le temps que l’hérédité des fiefs ne s’établissoit^que comme une condescendance. Elle fut même plus tard en usage chez les Allemands que chez les François* : cela fit que l’Empire, considéré comme un fief, fut électif. Au contraire, quand la eouronne de France sortit de la maison de Charlemagne, les fiefs ctoient réellement héréditaires dans ce royaume; la couronne, comme un grand (ief, le fut aussi.

Du reste, on a eu grand tort de rejeter sur le moment de cette révolution tous les changements qui étoient arrivés, ou qui arrivèrent depuis. Tout se réduisit à deux événements : la famille régnante changea, et la couronne fut unie à un grand fief.

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