LIVRE II, CHAPITRE I
à leur commerce, ù leurs mœurs, à leurs manières. Enfin, elles ont des rapports eiiti'o elles; elles en ont avec leur origine, avec l'objet du législateur, avec l’ordre des choses sur lesquelles elles sont établies. C’est dans toutes ces vues qu’il faut les considérer.
C’est ce que j’entreprends de faire dans cet ouvrage. J’examinerai tous ces rapports : ils forment tous ensemble ce qu’on appelle I’espbit des lois.
Je n’ai point séparé les lois politiques des civiles : car, comme je ne traite point des lois, mais de l’esprit des lois, et que cet esprit consiste dans les divers rapports que les lois peuvent avoir avec diverses choses, j’ai dû moins suivre l’ordre naturel des lois que celui de ces rapports et do ces choses.
J’examinerai d’abord les rapports que les lois ont avec la* nature et avec le principe de chaque gouvernement; et comme ce principe a sur les lois une suprême influence, je m’attacherai à le bien connoître ; et si je puis une fois l’établir, on en verra couler les lois comme de leur source. Je passerai ensuite aux autres rapports qui semblent être plus particuliers.