‹ De l'esprit des loixChapitre 106 sur 313 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du luxe.

JLe luxe est toujours en proportion avec l'inégalité des fortunes. Si dans un état les richesses sont également partagées , il n'y aura point de luxe; car il n'est fondé que sur les commodités qu'on se donne par le travail des autres.

Pour que les richesses restent également partagées, il îaut que la loi ne donne à chacun que le nécessaire physique. Si l'on a au-delà , les uns dépenseront, les autres acquerront, et l'inégalité s'établira.

Supposant le nécessaire physique égal à une somme donnée, le luxe de ceux qui n'auront que le nécessaire sera égal à zéro; celui qui aura le double aura un luxe égal à un ; celui qui aura le double du bien de ce dernier aura un luxe égal à trois; quand on aura encore le double, on aura un luxe égal à sept; de sorte que le bien du particulier (iui suit étant toujours supposé double de celui du précédent ^ le luxe croîtra du double plus une unité, dans

Page 1