‹ De l'esprit des loixChapitre 123 sur 313 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Fatale conséquence àa luxe à la Chine.

On voit, dans l'histoire de la Chine, qu'elle a eu vingt-deux dynasties qui se sont succédées, c'est-à-dire qu'elle a éprouvé vingt-deux révolutions générales, sans compter une infinité de particulières. Les trois premières dv-

(1) Histoire de la Chine, Yingt-uuieme dynastie, dans l'ouvrage du P. du Halde, tome I. — (2) Dans un discours rapporté par le P. duHalde, tome II, p. 4 1 8.

4 DE l'esprit BES LOIS.

nasties durèrent assez long * temps , parcequ'elles furent sagement gouvernées, et que i'empli'e étoit moins étendu qu'il ne le fut depuis. Mais on peut dire en général que toutes ces dynasties commencèrent assez bien. La vertu , l'attention , la vigilance , sont nécessaires à la Chine : elles y étoient dans le commencement des dynasties, elles manquoient à la fin. FjU effet, il étoit naturel que des emjjereurs nourris dans les fatigues de la guerre, qui parvenoient à faire descendre du trône une famille noyée dans les délices, conservassent la vertu qu'ils avoient éprouvée si utile , et craignissent les voluptés qu'ils avoient vues si funestes. Mais, après ces trois ou quatre premiers princes , la corruption, le luxe, l'oisiveté, les délices, s'emparent des successeurs. Ils s'enferment dans le palais ; leur esprit s'affoiblit,leur vie s'accourcit, la famille décline; les grands s'élèvent , les eunuques s'accréditent, on ne met sur le trône que des enfants ; le palais devient ennemi de l'empire , un peuple oisif qui l'habite ruine celui qui travaille ; l'empereur est tué ou détruit par un usurpateur qui fonde une famille , dont le troisième ou quatrième successeur va dans le même palais se renfermer encore.

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